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Unique jusqu'à présent, la démarche de la RATP est d'autant plus originale qu'elle n'est pas dictée par une pénurie de candidats mais par une logique de lutte contre les discriminations raciales. En affichant sa volonté d'intégrer des salariés de nationalité étrangère, l'entreprise a mis en avant sa volonté de s'ouvrir vers la mixité sociale. " Cette démarche ne correspond pas à une nécessité de recrutement, nous n'avons aucune pénurie d'emplois, a expliqué Josette Théophile, directrice générale chargée des ressources humaines. C'est plutôt une politique d'ouverture sur la cité. Nous considérons que le transport est un facteur d'intégration dans la ville et nous souhaitons que nos agents ressemblent aux voyageurs qu'ils transportent". La démarche de la RATP a cependant demandé du temps pour aboutir à une réforme des statuts, diversement accueillie par les organisation syndicales. Si la CFDT et les syndicats autonomes ont été les premiers à approuver cette réforme, la CGT et la CFTC ont refusé - pour des raisons différentes- de donner leur accord. La CGT, qui a affirmée être d'accord sur le fond de la réforme, l'a récusé en invoquant le fait de ne pas avoir été tenu informée des travaux effectués par le groupe interministériel en préalable au vote de la réforme. La CFTC, elle, s'est opposée dans un premier temps à cette ouverture, invoquant la non -réciprocité de la réforme. " On ne voit pas pourquoi on pourrait embaucher des Canadiens, des Suisses ou des Américains alors qu'eux ne le font pas ", a-t-elle déclaré en décembre 2002. Par ailleurs, l'organisation syndicale a mis en avant des arguments pour le moins ambigus, affirmant que " la RATP est l'ambassadrice de Paris. En supposant qu'on ait une majorité de personnel asiatique ou africain, ça ne représenterait plus l'image de Paris ". Depuis, le syndicat est revenu sur ses propos, affirmant que son bureau confédéral " approuve pleinement la décision de la RATP d'ouvrir ses emplois aux travailleurs étrangers, hors Union européenne. L'accueil de l'étranger, la lutte contre toutes les discriminations figurent parmi les objectifs majeurs de la CFTC. Ils sont au cœur de l'inspiration sociale chrétienne, de son action. La CFTC ne voit pas au nom de quel principe on interdirait à un homme ou une femme de travailler comme machiniste ou conducteur à la RATP sous le seul prétexte qu'il est étranger à l'Union européenne ". 30% des emplois en France inaccessibles aux étrangers extracommunautaires Encouragée par le précédent gouvernement, cette ouverture reste toutefois une exception au sein des entreprises publiques. Si des négociations ont été entamées à la SNCF sur l'abandon de la clause de nationalité, elles n'ont pas été poursuivies. D'une manière générale, les directions comme les syndicats montrent assez peu d'empressement à ouvrir le statut du personnel, manquant ainsi une occasion de montrer l'exemple aux entreprises du secteur privé. Rappelons que le nombre d'emplois de titulaires dans les trois fonctions publiques, interdits aux étrangers non communautaires, atteint 5,2 millions. Si l'on ajoute les entreprises sous statut gérant des services publics tels que La Poste, EDF-GDF, Air France et les établissement publics industriels et commerciaux, qui comptent plus de 1 million de salariés, ce sont au total plus de 6 millions d'emplois publics qui sont interdits aux étrangers extra-communautaires. Enfin , en additionnant les emplois fermés aux étrangers dans le secteur privé, pour des conditions de nationalité ou de diplôme, on estime qu'au total, ce sont environ 30 % de l'ensemble des emplois qui sont aujourd'hui inaccessibles aux étrangers non communautaires.
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