France Active, 20 ans au service de l'insertion

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Publié le 28-05-2008

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En 20 ans, le réseau de financement solidaire France Active a permis la création ou la consolidation de plus de 90000 emplois en finançant la création de TPE par des chômeurs et le développement d'entreprises solidaires. Un système qui affiche plus de 80 % de taux de survie des entreprises financées.

Au-delà du chiffre de 90 000 emplois créés ou consolidés en 20 ans (16 831 en 2007 soit une augmentation annuelle de 30 %), le réseau France active est attendu sur la qualité des emplois créés du fait de son objet solidaire.
L’association, à travers un réseau de 39 fonds territoriaux disséminés sur l’ensemble du territoire, aide des personnes en difficulté d’insertion sociale et professionnelle à trouver ou créer leur emploi, via des outils financiers de garantie, de prêts ou de prise de participation. Les chômeurs créateurs d’entreprises voient l’accès au prêt bancaire facilité via le fonds de garantie de France Active, tandis que la SIFA (Société d’investissement de France Active) aide en fonds propres ou en prêts des entreprises solidaires en création ou en développement.
« L’activité de France Active permet de créer ou consolider des emplois pérennes. Il ne s’agit pas d’aider des personnes en grande difficulté à trouver un stage de formation ou un CDD de moins de six mois, » affirme Christian Sautter, président de l’association France Active. A l’appui de cette affirmation, un chiffre : 83 % des projets soutenus passent le cap des cinq ans. Un chiffre qui dépasse de 30 points la moyenne nationale observée par l’Insee (50,2 % en 2007).

"Plus qu'une expertise"

Cette performance s’explique notamment par le dispositif d’accompagnement des porteurs de projets, qui mobilise un conseiller une vingtaine d’heure pour un projet individuel et entre 30 et 40 heures pour les projets collectifs. « Nous ne procédons pas à une simple expertise couperet. C’est un dialogue humain, économique et financier [avec] un créateur d’entreprise qui a une idée intéressante, mais qui n’est pas encore formalisée dans ce qu’on appelle vulgairement un business plan, » souligne Christian Sautter. Dès lors que l’appui financier est attribué, le suivi de l’activité est assuré par un réseau de bénévoles, souvent retraités du monde de l’entreprise, afin d’éviter les écueils de ceux qui « créent leur entreprise en toute solitude ».
En ce qui concerne l’analyse qualitative des emplois de l’économie sociale et solidaire (ESS), France Active évoque l’humanité qui anime le secteur de l’insertion par l’activité économique qui remet le pied à l’étrier de personnes « qui, souvent, à force d’échec ont perdu l’estime de soi ». Un impact important mais qui ne couvre pas tous les champs de l’ESS (commerce équitable, éducation populaire, activité sociale et environnementale…). La dimension d’innovation sociale et économique des activités de l’ESS est aussi mentionnée mais France Active ne peut apporter une analyse fine en terme de qualité de l’emploi : « Lorsque Emmaüs s’est créé dans les années cinquante, raconte M. Sautter, c’était pour sortir des individus d’une extrême pauvreté et explorer des champs qui appartiennent à la satisfaction du bien commun, notamment, tout ce qui touche au recyclage… Simplement, il n’y a pas de rente. A partir du moment où l’économie solidaire réussit, les grands prédateurs arrivent ».

Quartiers sensibles

La mission de France Active conduit à stimuler la création d’entreprises par ceux qui n’ont pas d’emploi (5073 emplois créés pour 3761 entreprises en 2007). Pour atteindre les zones les plus touchées par le chômage, l’association a signé le 27 mai une nouvelle convention avec la Caisse des dépôts et consignations (l’un des principaux appuis institutionnels de France Active) qui l’engage à ce que 25 % des entreprises créées le soient au bénéfice d’habitants des quartiers sensibles. 10% des projets d’économie solidaire soutenus dans les 5 années qui viennent, devront aussi intéresser les quartiers sensibles. « Une inflexion qualitative nette », estime le président, vers des emplois choisis et créés par ceux qui connaissent le plus d’obstacle à leur carrière : « il nous faudra travailler en relation très étroite avec des associations présentes sur place. Opérer une immersion en profondeur dans la vie de ces quartiers où il y a un très fort potentiel. Notamment à partir du moment où les jeunes diplômés butent sur ce qu’on appelle ce « plafond de verre » pour devenir des cadres salariés de grandes organisations. Les plus dynamiques deviennent entreprenants et ceux là, France Active s’emploiera à les aider ».

Philippe Chibani-Jacquot
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