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Eiffage Construction chapeaute un réseau de clubs d'entreprises pour l'insertion

Entreprises \Ressources humaines \Politique de l'emploi

Publié le 18-04-2006



Les CREPI comptent 12 clubs réunis dans une fédération quelque peu en sommeil depuis 6 ans. Aujourd'hui, le groupe Eiffage Construction entend s'impliquer d'avantage en ménageant des CREPI soucieux de leur autonomie.

Eiffage Construction entretient des relations très particulières à l’égard des CREPI (Club Régionaux des Entreprises pour l’Insertion), un réseau associatif de clubs rassemblant des dirigeants d’entreprises de tous les secteurs qui mettent en pratique des actions en faveur de l’insertion professionnelle de publics en difficultés. 8 des 10 CREPI en place aujourd’hui sont  présidés par des dirigeants des entités régionales d’Eiffage Construction. Au travers de ses filiales locales, Eiffage Construction est en effet présent dans la plupart des Clubs qui comptent entre 30 et 80 entreprises membres.  Les présidents sont élus périodiquement par les conseils d’administration de chacune de ces associations, dont les permanents se rémunèrent sur les cotisations des membres et sur des prestations de services apportées aux acteurs publics de l’emploi.

Des clubs au service de leurs membres

C’est en 1993 que la société de construction SAE impulse la création des CREPI avec l’idée de créer une dynamique au service de l’insertion entre des entreprises de tous les secteurs. En 1996, une fédération des CREPI voit le jour. Les actions des différents CREPI font alors l’objet d’un reporting centralisé. A partir de 2000, SAE fusionne avec Fougerolles pour donner naissance à Eiffage Construction, la fédération commence à ressembler à une coquille vide. C’est de façon plus informelle que les CREPI vont continuer à s’échanger des pratiques dans le cadre d’un réseau. Début 2006, Eiffage Construction a réuni les responsables opérationnels des CREPI pour annoncer sa volonté de réactiver la fédération et d’augmenter sa présence dans les clubs au travers notamment des autres branches d’activité du groupe Eiffage (concessions, travaux public) qui emploie au total plus de 45 000 personnes. En clair, le groupe qui connaît d’importants besoins en recrutement, compte profiter des CREPI pour répondre à une partie de ses besoins. « Nous avons la volonté de diversifier nos recrutements. Les CREPI représentent un moyen de réfléchir sur notre politique d’intégration. Et cela bien en amont du processus de recrutement proprement dit », souligne Catherine Giner, responsable de la politique de la ville et de l’insertion chez Eiffage Construction. A noter que rien n’oblige un dirigeant local du groupe Eiffage à devenir membre d’un CREPI. La démarche doit être volontaire.  Pas question pour Eiffage Construction de remettre en cause les principes fondateurs du réseau en cherchant à le phagocyter.

Une reconnaissance des acteurs publics de l’emploi et de la formation

Il s’agit tout au contraire de réaffirmer certaines règles comme celle de ne pas vivre des crédits du public. « Les actions des CREPI ne doivent pas dépendre des conditions des subsides publics. Le dispositif doit être autonome et d’abord répondre aux besoins de ses membres », rappelle Catherine Giner. Dans les faits, la plupart des CREPI travaillent comme sous-traitants des Conseil Régionaux, des directions du travail ou de l’ANPE au travers de conventions.  « Notre capacité à fédérer un réseau d’entreprises prêtes à s’engager dans des démarches d’insertion explique pourquoi nous sommes bien repérés par les acteurs publics qui disposent de financements», explique Ghislaine Taffary, responsable du CREPI implanté à Tarbes, dont la structure est animée par 5 permanents. Les CREPI se présentent de plus en plus comme des spécialistes de l’ingénierie de programme d’insertion, en phase avec les besoins exprimés par leurs adhérents. Que ce soit au travers d’actions de découverte de l’entreprise, de tutorat, du montage de formations qualifiantes ou de conseils aux entreprises sur leurs processus de recrutement ou sur les volets « clauses d’insertion » qui accompagnent les appels d’offre des chantiers de construction financés par le public, les CREPI contribuent à insérer plus de 700 personnes par an dont une bonne partie en CDI et CDD de plus de 6 mois.

En amont des processus de recrutement classique

En règle générale, les actions conduites par les CREPI s’inscrivent en amont du processus de recrutement des entreprises. Des "parrains" se portent par exemple volontaires dans les entreprises membres pour faire jouer un effet réseau. Avec les « Ambassadeurs des métiers », le CREPI de Toulouse qui revendique 150 placements durables par an, propose de faire découvrir 45 métiers à des jeunes en quête d’orientation. « Il s’agit d’élargir le spectre des métiers possibles. La découverte fait partie du recrutement », estime Jean Arroucau, le responsable de ce CREPI implanté dans un quartier d’habitat social où le taux de chômage est de 40% (Ce CREPI mène 60% de ses actions au travers de subventions versées par le conseil régional). La démarche des ambassadeurs a été reprise par le CREPI de Tours qui organise des visites chez ses entreprises adhérentes. « On cherche plutôt à organiser des visites quand il y a des postes à pourvoir », précise Pascale Tranchet-Henriet, la responsable de ce club. Toujours avec cette même logique de travail en amont, le CREPI de Saône et Loire déclare générer 30% de son activité avec du conseil en ressources humaines auprès des PME adhérentes. « Cela nous permet d’identifier des postes », note Martine Cailleau, la directrice de ce CREPI. La référence en matière de CREPI est à chercher du côté de celui de Mulhouse qui affiche prés de 900 retours à l’emploi depuis sa création en 1996. Ce club alsacien a récemment donné l’occasion à 12 femmes de suivre une formation diplômante de chauffeurs de poids lourds. « Nous nous sommes chargés de trouver les financements  auprès de la région en partant des besoins exprimés par les entreprises de messagerie adhérentes au club », raconte Daniel Kelai, l’emblématique responsable de ce club qui se trouve avoir également contribué à la création d’une auto école sociale. 
Soucieux de son autonomie, ce club alsacien n’est pas un CREPI mais un CEPI (Club des Entreprises Pour l’Insertion), aujourd’hui présidé par le PDG de la société Clemessy, la plus importante société de la région. Pour Daniel Kelai, « le club doit être présidé par l’entreprise la plus représentative de la région ». Pas forcément par une société d’Eiffage Construction.  Reste que le CEPI d’Alsace est bien membre du réseau des CREPI. Sous la houlette de Catherine Giner, l’un des principaux chantiers de la Fédération va consister à convaincre les clubs de faire remonter des informations sur les modalités de leurs actions et de leurs bilans afin de consolider un reporting sans que cela puisse être perçu comme une volonté de main mise du groupe Eiffage. Un exercice de style. 

Rodolphe Hederlé
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