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Installée à Flers en Escrebieux commune du Douaisis, dans le Nord de la France, DYAD est une entreprise qui plaît. Pour preuve, elle récolte nombre de trophées et distinctions (lauréate du réseau Nord-Entreprendre 2002, lauréate du prix d’action 2003 « Dynamisme "adapté" au service des industriels » de l’association Alliances), remis parfois sous l’égide du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. En janvier 2003, DYAD a reçu le trophée « Ethique et Gouvernance » de l¿Ecole des dirigeants et créateurs d'entreprise. D’où vient cet engouement pour une si jeune société de conditionnement pour l’industrie agroalimentaire, mise en service en janvier 2002 ? Du fait qu’elle embauche quasi-exclusivement des salariés handicapés. En effet, DYAD a reçu l’agrément de la direction départementale du travail pour devenir un atelier protégé apte à accueillir des personnes handicapées en situation de travail. Elle se distingue des ateliers traditionnels dans le fait qu’elle est une entreprise comme les autres et non une association, donc qui vise (et atteint) la rentabilité économique. Pour son premier exercice, DYAD affiche un chiffre d’affaire de 1,22 million d’euros en incluant le fait que les deux co-fondateurs ne se sont pas versés de salaire pendant un an. La valeur humaine Les co-fondateurs, Christophe Carnel et Willy Wantelet affirment et insistent sur leur première motivation : la valeur humaine. « Nous offrons des postes à des personnes fragilisées qui ont déjà souffert d’isolement ». Et de narrer l’entretien avec le premier salarié handicapé : « il s’est présenté en nous disant : "voilà je suis maghrébin, handicapé et j’ai 48 ans". Il a été notre première recrue. » Et pour convaincre les sceptiques, les jeunes entrepreneurs expliquent encore leur démarche « Il est impossible de mener une telle entreprise sans avoir la fibre, répète Christophe Carnel. Nous avons une amie commune qui s’est suicidée du fait de son handicap et les parents de Willy Wantelet sont des personnes impliquées auprès du Secours Populaire ». Ainsi, la société DYAD emploie en moyenne 100 personnes, dont 70 en CDI et à temps plein – 10 personnes étant en CDD et 20, intérimaires. Parmi ces dernières et hormis les deux co-gérants, seuls trois salariés ne sont pas des personnes handicapées (la standardiste, le directeur technique et un cariste). Avec une activité de production industrielle, 75 % des emplois sont des postes de main-d’œuvre (pose d’objets ou d’étiquettes, palettiseurs, etc.) DYAD compte deux cadres : les directeurs de la production et technique. L’un des atouts mis en avant par Christophe Carnel est la possibilité offerte à chaque employé d’évoluer au sein de l’entreprise : « Des salariés d’abord recrutés pour travailler sur la ligne de production sont devenus chef de ligne ou encore responsable de l’entrepôt de stockage ».
Les règles de l’handicap En terme de rémunération, DYAD applique les règles en vigueur dans les ateliers protégés, à savoir, un salaire équivalent à 90 % du SMIC. Les chefs de ligne percevant un salaire majoré de 10 %. Afin de motiver les troupes, une prime de 10 % est accordée aux salariés de la production faisant preuve de ponctualité ou bien de soutien aux autres employés. Dans ce budget salarial, la question des aides de l’Etat pointe naturellement. En effet, le statut d’atelier de travail protégé confère à DYAD le droit de percevoir un complément de rémunération de l’ordre de 40 % du salaire de chaque employé handicapé. Pour Christophe Carnel, ce complément sert avant tout à « compenser les pertes de productivité. Par exemple, en pic d’activité, les intérimaires non handicapés sont capables de traiter 14 palettes par jour alors que nos équipes gèrent 7 palettes quotidiennes. »
Rassurer le client, voire l’intéresser
Malgré son statut d’atelier protégé et des salariés handicapés, DYAD se place clairement en concurrent des grandes entreprises spécialisées dans le conditionnement à façon et l’emballage telles que Hays Logitics ou le Groupe Guillin (les anciens employeurs des co-fondateurs). « Nous avons un vrai savoir-faire industriel, affirme Christophe Carnel, avec des équipements professionnels qui représentent à eux seuls un investissement d’un million d’euros en étiqueteuses automatiques, palettiseurs, etc. » Des machines nécessairement évoluées afin d’alléger la pénibilité des tâches des salariés. Ces équipements viennent donc prouver la qualité du travail exécuté. Si des prospects hésitent encore, Christophe Carnel les rassure en soulignant les atouts de DYAD : la réactivité, la souplesse d’intervention mais aussi la proximité humaine avec le client. Des forces qui semblent convaincre puisque DYAD affiche de belles références avec notamment Bahlsen, Kraft Jacob Suchard, BN ou encore Vico. Attention, ces clients ne sont pas gagnés sur « des coûts défiants toute concurrence » prévient-on. Pour preuve, sur un récent appel d’offre pour la fabrication d’un emballage de chocolat, la jeune société a remporté le marché malgré des prix 8 % plus élevés que le concurrent direct. La qualité des plans remis auront sûrement séduit le client avec, peut-être aussi, l’idée qu’en recourant à un atelier protégé comme DYAD, l’entreprise s'acquitte en partie de son obligation d'emploi de personnes handicapées conformément à la loi du 10 Juillet 1987.
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