Handicap : Eurodisney anticipe sur l'inaptitude

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Publié le 15-06-2005

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Parc Eurodisney

L'accord triennal pour l'intégration des travailleurs handicapés, signé dans le groupe Eurodisney, en février 2005, prend en compte le reclassement des salariés qui souffrent ou vont souffrir de handicaps liés à l'exercice de leur métier. L'entreprise a, par ailleurs, pour objectif d'atteindre la barre légale des 6% de salariés handicapés d'ici la fin de l'année.

Le troisième accord triennal en faveur de l’intégration des travailleurs handicapés d'Eurodisney a été signé, en février 2005, pour la première fois par l’ensemble des organisations syndicales. Cela a été possible parce qu’il introduit des obligations de moyens pour le maintien dans l’emploi des salariés qui vont acquérir un handicap lié à leur activité professionnelle. Cette conséquence de la loi du 11 février 2005

Les pénalités financières s’alourdissent
La loi du 11 février 2005 sur « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » introduit l’obligation pour les entreprises de négocier « sur l’emploi des personnes handicapées, au même titre que sur les conditions de travail, les salaires, etc…. sur la base d’un rapport établi par l’employeur présentant la situation de l’entreprise au regard de l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés ». Cette nouvelle loi augmente également le plafond de la contribution à l’Agefiph, le fonds d’insertion des personnes handicapés, fixé par la loi fondatrice du 10 juillet 1987. De même que se trouve simplifié le mode de calcul du seuil de salariés handicapés au-delà duquel l’entreprise n’a plus à payer une pénalité. La plupart des mesures s’appliqueront au 1er janvier 2006. Eurodisney a donc anticipé.
(voir encadré) contraint les directions à négocier annuellement les conditions de travail et de maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés. 
Sur un effectif de 12 000 salariés, 34 ont été déclarés inaptes, en 2004, par la médecine du travail et seuls 8 ont été reclassés dans le groupe. 547 salariés sont eux déclarés aptes mais avec des réserves médicales. « Dans une entreprise qui représente plus de 180 métiers, il doit toujours y avoir des possibilités de reclassement. Il y a aussi une nécessité d’anticiper les inaptitudes sur les métiers à risques. Avec 15 ans de recul nous savons que certains métiers d’Eurodisney génèrent des handicaps. Les quelques 200 personnes qui portent des costumes de personnages, très lourds pour leur morphologies devraient systématiquement changer de poste au bout de 3 ans » rapporte Pierre Brossard, délégué syndical CFDT. Dans la restauration, la direction a déjà accepté de réduire la charge des plateaux repas que le personnel amène aux clients du spectacle baptisé Buffalo Bill.

Intégrer la prévention

Le nouvel accord va permettre d’aller plus loin. Il crée un comité de maintien dans l’emploi où les organisations syndicales sont représentées, de même que le CHSCT et la direction. « Le rôle de ce comité est notamment de décider l’engagement de dépenses lorsque qu’un aménagement de poste est envisagé ou une action de formation nécessaire et d’intervenir lorsque la recherche de reclassement doit être envisagé sur un autre établissement », précise le texte. « Les propositions de reclassement ne seront plus unilatérales », précise Pierre Brossard. 
En 2005, Eurodisney va consacrer 100 000 € à l'aménagement des postes de travail des salariés déclarés inaptes. En 2007 cette enveloppe sera de 150 000 €. Financer des équipements est une chose mais former les salariés déclarés inaptes à leur nouvelle fonction en est une autre. 100 000 € supplémentaires, en 2005, et 150 000 € en 2007 sont budgétés pour financer les actions de formation nécessaires aux reclassements. Pour Daniel Dreux, vice président en charge des ressources humaines et des relations sociales d’Eurodisney, « l’inaptitude définitive est le résultat d’un long processus. Nous nous donnons les moyens au travers de cet accord de conduire des actions de prévention afin d’anticiper les problèmes. Cela passe par une gestion prévisionnelle des emplois ». 
      
Des objectifs et des moyens chiffrés

Au-delà de la problématique de l’inaptitude, l’accord Eurodisney prévoit que les effectifs de l’entreprise comptent 6% de travailleurs handicapés d’ici fin 2005. En deçà de ce seuil, les entreprises  s’acquittent d’une cotisation au fonds d’insertion des personnes handicapés (Agefiph) dont le montant varie en fonction du nombre d’handicapés en poste (voir encadré). Fin 2004, Eurodisney employait 5,34 % d’handicapés. Il s'agit donc, concrètement, de passer de 301 à 375.  30 000 € vont être alloué annuellement pour conduire des actions de sensibilisation auprès du management afin de lutter contre les discriminations. « Les  personnes atteintes d’un handicap lourd ne sont en contact avec la clientèle. Ce n’est pas l’état d’esprit de l’entreprise », constate Pierre Brossard. Toute une série d’indicateurs permettant de mesurer les efforts de l’entreprise en faveur de l’insertion ou du reclassement des salariés handicapés sont désormais intégrés au bilan social. De plus, l’accord Eurodisney précise que l’entreprise s’engage à faire travailler des Ateliers  Protégés (AP) et des Centres d’aide par le Travail (CAT) qui emploient exclusivement des handicapés, pour un montant de 950 000 € annuel de prestations de sous-traitance.

Rodolphe Helderlé
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