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" On ne recrute pas un handicapé, on recrute des compétences ". Le message de Jean-Louis Joly, directeur du groupe d'intérim Adia, résume bien ce que veulent faire entendre aux entreprises les associations pour l'emploi handicapé. " Le 1er pas reste encore difficile pour les employeurs, explique-t-il. Je n'observe toujours pas de grande ouverture sur cette question, essentiellement par manque d'expérience des entreprises. Passer de 0 à 1 est très long, mais en revanche passer de 1 à 2 peut être très rapide ". Pour le président d'Adia comme pour les représentants de l'Agefiph (Fonds pour l'insertion professionnelle des travailleurs handicapés), le poids du regard et des préjugés pèsent encore beaucoup sur les handicapés. " Pour que l'insertion de salariés handicapés soit réussie, il faut que l'entreprise développe une véritable culture sur les questions de diversité, confirme Florence Legall, responsable des ressources humaines chez SFR-Cegetel. Nous n'avons pas d'emplois " réservés " aux handicapés. Nous recrutons avant tout des compétences pour un poste, quel que soit la fonction ou le niveau hiérarchique. Seul le processus est plus long, car il faut prévoir l'adaptation du poste au handicap ". Florence Legall précise toutefois qu'une formation interne des managers a été nécessaire pour leur apprendre à accueillir leurs collègues handicapés et dépasser la gêne que certains d'entre eux pouvaient ressentir. Le groupe, dont le taux d'emploi de personnes handicapées est de 6% (quota fixé par la loi), s'est engagé à le faire passer à 8% en 2005. " L'entreprise fabrique du handicap " Cette " culture d'objectifs " apparaît comme un moyen nécessaire, voire indispensable, pour réussir l'insertion des salariés handicapés. " Il faut démystifier cette question auprès du personnel, en le formant et en lui fixant des objectifs par équipe, par agence, etc, indique le directeur d'Adia. De même, en tant que directeur général, je dois montrer l'exemple, c'est essentiel. " Même philosophie chez E-mail Job (recrutement par internet), qui est partenaire, comme Adia et SFR-Cegetel, de la semaine pour l'emploi des handicapés. " Les recruteurs doivent montrer l' exemple. Nous avons développé depuis un an une nouvelle fonctionnalité , qui permet aux entreprises d'indiquer si elles cherchent une personne handicapée, et de coupler l'offre sur le site de l'Adapt (Association pour les réinsertion professionnelle des travailleurs handicapés). Entre 150 et 200 offres par mois, soit 10% de la totalité , concernent directement les candidats handicapés ", explique la directrice de la communication d'E-mail Job. Autre thème abordé lors de cette opération annuelle : le maintien dans l'emploi des personnes qui deviennent handicapées en cours de carrière, notamment après 45 ans, âge à partir duquel se multiplient les " troubles musculosquelettiques "( TMS). Ces troubles, qui augmentent de 20% par an selon l'Anact (association de l'analyse des conditions de travail), peuvent entraîner des séquelles irréversibles ainsi qu'une forme d' inaptitude au travail. " Notre rôle n'est pas d'accuser les entreprises, mais de leur faire comprendre qu'elles fabriquent elles-mêmes du handicap, souligne Rémi Jouan, président de l'Agefiph. Parallèlement à la question de l'insertion des handicapés, il faut également sensibiliser les entreprises au maintien dans l'emploi de leurs salariés ayant développé ces troubles ". Un phénomène que le vieillissement de la population active devrait en toute logique accentuer dans les prochaines années.
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