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Alors que dans la rue la protestation contre le " CPE ", le Contrat Première Embauche, destiné aux jeunes de moins de 26 ans, ne faiblit pas, du côté des entreprises, un sondage récent témoigne d'un accueil partagé. L'ANDCP (Association nationale des directeurs et cadres de la fonction personnel), qui fédèrent 4 400 professionnels, a demandé le 6 mars dernier aux futurs recruteurs si dans leurs prochaines embauches de jeunes de moins de 26 ans, ils comptaient utiliser le CPE ? Les 380 réponses témoignent d'un avis partagé sur la question : 50 % le refuse, 38 % en feront un usage ciblé.
50 % n'utiliseront pas le CPE
Pour ces responsables du recrutement, travaillant en majorité dans de grandes entreprises, "Le CPE ne s'inscrit pas dans une démarche éthique et de responsabilité sociale de l'entreprise." Le CPE leur apparaît discriminant, et ne peut être ni la réponse au chômage des jeunes, ni la réponse aux attentes des entreprises. La confiance et le respect des jeunes passent selon elles par le "CDI normal", qui "permet d'attirer et fidéliser sur un marché de l'emploi qui peut être très concurrentiel sur certains métiers et postes." Autrement dit, pour des qualifications élevées, "le CPE est un frein pour attirer des candidats motivés." Le CDD et l'Interim, pour les besoins ponctuels, les contrats d'alternance pour la formation et l'intégration des jeunes, les dispositifs actuels semblent largement suffire à ces recruteurs, qui pensent qu'il aurait peut-être "fallu réserver ce contrat aux entreprises de moins de 20 salariés," eux ne souhaitant pas d'autres formes de contrats, mais un assouplissement et une simplification du code du travail. Paradoxal ? "Nous souhaitons élargir la possibilité de recours au CDD à des missions à durée déterminé, de deux ou trois ans, ou dans certains cas avec un terme non fixé, explique Daniel Croquette, délégué général de l'ANDCP. Cela sera peut-être aussi perçu comme une précarisation du travail, mais au moins, les termes sont clairement définis dés la signature du contrat, pas de menace, mais une transparence plus responsable selon nous."
12 % auront recours au CPE pour tous les postes
Néanmoins, pour les futurs recruteurs exerçant dans des petites structures, le CPE confère la flexibilité "dont beaucoup d'entreprises ont besoin," et permet de mieux "tester leur motivation" et de former des jeunes débutants. Enfin le CPE "est une solution intéressante face au manque de visibilité sur l'évolution de l'activité." "En fait, complète Daniel Croquette, la seule possibilité de licenciement aurait du être la raison économique, qui en aurait fait un outil un peu plus juste. Mais là, la rupture peut être arbitraire et, en plus, le CPE est discriminant sur la qualification."
38 % ne l'utiliseront que pour certains postes
Un avis apparemment conforté par les réponses des DRH qui pensent n'avoir recours au CPE que sous certaines conditions. 22 % de ces DRH utiliseront le CPE pour certains postes : à faible qualification, non pérennes et où la concurrence sur le marché de l'emploi est faible et la demande forte (vendeurs, logistique, fabrication, ouvriers, employés...). En revanche, pour des métiers rares, où la concurrence entre les entreprises est forte, 16 % jugent le CPE non attractif. "Ce qui expliquera que les PME ne proposent pas le CPE quand les grandes entreprises proposent des CDI pour ces compétences recherchées, explique Daniel Croquette. Globalement, les DRH nous ont confié que le CPE n'incitera pas à des créations d'emplois, au mieux à une substitution à un autre contrat, quand il y avait l'intention d'embaucher."
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