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Et si la prévention des plans sociaux passait par une véritable politique en matière de formation continue des salariés ? Lancée par Jean-Pierre Chaffin et Bruno Van Craenest, respectivement président et vice-président de la fédération Métallurgie de la CFE-CGC, l'idée fait son chemin au sein de ce syndicat. Ambition avouée : placer la mobilité des salariés au cœur des préoccupations de l'entreprise avec, en complément, un encouragement aux " bonnes pratiques " des employeurs, sous la forme d'incitations financières. " Nous constatons une multiplication des plans sociaux, explique Bruno Van Craenest, lesquels ne sont pas tous causés par des entreprises mal ou frauduleusement gérées. Nous sommes davantage préoccupés par des sociétés menacées de fermeture en raison d'un problème de compétitivité, implantées dans des bassins d'emploi peu ou pas industrialisés. Ainsi, la fermeture de Syléa à Sissonne dans l'Aisne, annoncée en février 2002, sera effective en septembre prochain : sur 520 salariés concernés, seulement 81 solutions de reclassement viables ont été identifiées ". Et de poursuivre sur la gestion de l'arrêt d'activités de Matra Automobiles à Romorantin : " Rien n'a été prévu pour une solution de remplacement à cette fermeture, annoncée pourtant dès 1996 ". Ces entreprises présentent aussi la caractéristique d'employer des " salariés à l'ancienneté souvent supérieure à 20 ans, d'une moyenne d'âge de 45 ans, avec des qualifications relativement faibles et, de surcroît, peu mobiles ", poursuit le vice-président de la fédération Métallurgie de la CFE-CGC. Ne pouvant prétendre aux pré-retraites, ces employés sont trop souvent condamnés à rejoindre le cortège des chômeurs de longue durée. Quant à s'engager dans une formation, l'idée paraît saugrenue à des salariés sous le choc de la perte de leur emploi, et qui n'ont jamais connu qu'un seul employeur dans toute leur carrière. " Cela devrait pourtant s'avérer un atout supplémentaire pour retrouver un travail viable ", souligne Bruno Van Craenest. Inciter les entreprises
La CFE-CGC veut donc responsabiliser l'ensemble des partenaires sociaux à l'impératif de la formation continue tout au long de la vie professionnelle. " Le succès d'un projet de cette ampleur repose sur l'envie du patronat de s'y investir ", précise Bruno Van Craenest. Faut-il pour autant augmenter l'effort financier consacré à la formation professionnelle ? Il s'en défend : " Nous comprenons que les chefs d'entreprise souhaitent voir leurs charges baisser. Une augmentation générale des cotisations aboutirait à des délocalisations, et donc à plus de chômage ". Et de proposer de s'inspirer du fonctionnement des cotisations " accident de travail " : " Elles baissent d'une année sur l'autre pour les entreprises ayant accompli de réels efforts pour offrir une meilleure sécurité à leurs employés. Pourquoi ne pas étendre cette pratique, financièrement incitative, aux entreprises avançant des progrès concrets dans la formation de leurs salariés, dans leur progression vers une véritable polycompétence, comme l'obtention d'un certificat de qualification professionnel par branche ou un diplôme reconnu par l'Education Nationale ? " Convaincre les salariés
Cependant, la CFE-CGC est consciente qu'elle devra aussi persuader les salariés de reconsidérer la formation professionnelle, et davantage, expliquer ce qu'ils doivent attendre d'un plan social. " Les idées ont la vie dure, reconnaît Bruno Van Craenest, la majorité préfère encore un chèque valise sans mesures d'accompagnement pour retrouver un emploi. Nous continuerons à jouer les brancardiers sociaux sur le terrain de manière à sauver le maximum le gens, et surtout pour éviter de voir des salariés dans l'incapacité de se recycler". Reste aussi au syndicat à formaliser davantage cette proposition et ses modalités d'application, avant de présenter une première " maquette " aux autres partenaires sociaux. Le projet sera bientôt soumis aux autres fédérations de la CFE-CGC, avant d'être discuté avec différents partenaires sociaux (syndicats, Medef et gouvernement).
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