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Mesurer et réduire la pénibilité de chaque poste de travail, faire en sorte que les salariés affectés sur des postes pénibles puissent évoluer sur d’autres fonctions pour limiter l’usure professionnelle : voici des mesures qui font consensus auprès des partenaires sociaux engagés dans les négociations sur la reconnaissance de la pénibilité. Les démarches visent à trouver le juste équilibre entre les impératifs de gains de productivité et la préservation de la santé des salariés. Si l’approche reste encore balbutiante dans les PME, les grandes entreprises n’ont pas attendu l’ouverture de ces négociations pour mettre en place des plans de prévention. Surtout que depuis 2002, les entreprises ont l’obligation de conduire des démarches d’évaluation des risques professionnels.
Une mesure de la pénibilité à l’échelle mondiale
Depuis cette date, Michelin a intégré la qualité de vie au travail dans sa politique de développement durable. Les actions passent à la fois par des améliorations ergonomiques et une politique de gestion des carrières qui intègre la pénibilité. La méthode EVANE, d’évaluation du niveau ergonomique de chaque poste de travail s’applique sur l’ensemble des 75 sites du groupe à travers le monde. "Les efforts physiques, les fréquences et l’amplitude articulaire sont mesurés. Nous cherchons à diminuer le nombre de postes de travail où la cadence est trop forte. 90% des sites ont d’ores et déjà été évalués," rapporte Jacques Toraille, le directeur du développement durable. Chaque poste est évalué par l’opérateur, le chef d’équipe et un ergonome. Le groupe emploie ainsi à temps plein une trentaine d’ergonomes. Reste que les travaux de nuit et le week-end qui donnent droit à des compensations financières ne sont pas encore intégrés dans la méthode EVANE. En effet, ces facteurs de pénibilité sont difficilement réductibles. "Nous sommes en train de réfléchir aux modalités d’intégration de ces facteurs," avance cependant Jacques Torailles.
Aménager les fins de carrière
Si Michelin n’a jamais mis en place de dispositifs de départs anticipés à la retraite, le groupe mène pourtant des actions pour réduire l’usure professionnelle en veillant à ce que les salariés puissent évoluer vers des activités moins pénibles. C’est notamment le sens du programme lancé en 2005 qui vise à ce que les salariés de plus de 55 ans prennent une partie de leurs temps pour transmettre leurs expériences aux plus jeunes. "C'est l'occasion pour les plus agés d'expliquer comment adopter les bonnes postures," souligne Jacques Toraille.
Favoriser financièrement les bonnes pratiques
Les organisations syndicales jugent que l’actuel mode de calcul des cotisations des employeurs au financement des régimes d’indemnisation des accidents du travail, des maladies professionnelles et autres invalidités est loin d’être incitatif pour les entreprises soucieuses de jouer la carte de la prévention. Le rapport "Pénibilité et retraite" remis au COR (Conseil d’Orientation des Retraites) en mai 2003 propose d’ailleurs "un système de majorations et de ristournes associées aux plus ou moins grands efforts faits pour réduire ou pour traiter de la pénibilité dans une entreprise ou un secteur considéré."
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