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Nouveau management des « quinquas » chez EADS

Entreprises \Ressources humaines \Politique de l'emploi

Publié le 07-02-2005



Plus question d'escompter partir à la retraite à 57 ans ou même à 55 ans dans le cadre de dispositifs de départs anticipés pour les salariés d'EADS Sogerma, dont 50% ont plus de 45 ans. La direction et les syndicats ont signé un accord visant à re-motiver les seniors dans la perspective d'un départ à 60 ans. L'accord a fait école au niveau du groupe EADS et témoigne d'un changement culturel majeur.

 Il devenait indispensable de re-motiver les salariés âgés de plus de 45 ans qui représentent 50% des effectifs de Sogerma France (3000 salariés), filiale d’EADS spécialisée dans la maintenance des avions civils et militaires. Une étude interne a attesté d’un net fléchissement de la motivation des plus de 45 ans quant à la formation. C’est le résultat d’un manque flagrant de valorisation d’une population à qui on offre des perspectives limitées en terme de promotions et d’augmentations de salaire. Bref, il était temps de mettre un terme au syndrome de la voie de garage alors que la direction d’EADS Sogerma ne financera plus des dispositifs de départs anticipés à la retraite, d’autant plus que le temps où l’Etat co-finançait largement des départs à la retraite entre 55 et 57 ans est révolu.  
      
Pas de ghetto 
      
En avril 2004, les partenaires sociaux aboutissent à un accord relatif à la gestion des seniors. Baptisé  Compétences « quinqua », les grandes lignes de cet accord stipulent, qu’à partir de 45 ans, les salariés  bénéficieront d’un bilan professionnel renouvelable tous les 5 ans. L’occasion de faire le point entre le salarié, son manager et un responsable des ressources humaines sur les souhaits d’évolution de carrière et les besoins de formation. La mesure spécifique qui consistait à prendre 0,2 % de l’enveloppe générale des augmentations de salaire pour la redistribuer aux plus de 55 ans passe à la trappe. « Cette logique du quota n’est pas la bonne solution. Elle est source de marginalisation. Les augmentations de salaire des seniors doivent se décider en fonction des critères d’évaluation qui s’appliquent à l’ensemble des salariés », déclare Didier Pannier, directeur de l’établissement de Toulouse et chef de projet Compétences « quinqua ». Il ajoute « la capacité des managers à faire travailler des équipes mixtes va entrer en ligne de compte dans l’évaluation de leurs performances ». 
L’accord va de pair avec davantage de transparence. Désormais, la direction va communiquer aux organisations syndicales des statistiques périodiques, par tranche d’âge, sur les promotions et les augmentations de salaire. 
      
Valorisation de l’expérience

L’accord consiste aussi à valoriser l’expérience des quinquas. C’est ainsi que la direction des ressources humaines va lancer un programme de recensement de toutes les compétences clés afin de constituer un référentiel. « Sur un avion ancien comme l’Airbus A300 par exemple, le personnel de maintenance est plutôt âgé. Il devient donc urgent de référencer leurs compétences afin de faciliter la transmission du savoir aux jeunes », déclare Vincent Loizeau, délégué central CFE/CGC chez EADS Sogerma.  Dans la même logique, l’accord donne un coup de fouet au tutorat en ne le limitant pas à l’apprentissage. Les salariés dont l’expérience est reconnue par leurs pairs et validée par la direction des ressources humaines, peuvent ainsi se porter volontaires pour assurer le tutorat d’une ou deux nouvelles recrues. Ce tutorat sera considéré comme une mission et ne devra pas se faire à temps plein. 
      
Effort financier 

Compétences « quinquas »  prévoit plus de flexibilité en matière de temps de travail au cours des 3 dernières années de carrières. Tout en restant sur la base du même volume d’heure,  les seniors pourront décider soit de travailler 4 jours par semaine soit davantage en début de mois au travers d’une forme de « mensualisation ». Les salariés ayant travaillé dans des conditions difficiles se voient proposer un temps partiel aidé, abondé de 10% par l’employeur. Un temps partiel à 60 % sera ainsi rémunéré 70%. L’entreprise est bien consciente qu’elle va devoir financer ses mesures et pas simplement les salaires. « Nous négocions des aides au rachat des cotisations de retraite au titre des années d’études », confirme Vincent Loizeau. 
L’accord de Sogerma a manifestement inspiré la maison mère qui a finalisé un accord cadre en novembre 2004. Une grande marge de manœuvre est accordée à chaque établissement pour fixer les modalités de son application en fonction du contexte local.
Rodolphe Helderlé
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