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Depuis quelques années, le concept de développement durable reçoit indéniablement un écho toujours plus fort auprès des professionnels du secteur du BTP qu’ils soient architectes, ingénieurs, économistes de la construction, artisans… Tous sont concernés de façon plus ou moins directe. La plupart du temps, le développement durable est abordé sous l’angle environnemental, notamment par le biais de la démarche HQE (Haute Qualité Environnementale) qui n’inclut pas les aspects sociaux ou de gouvernance d’entreprise. Une prise de conscience certaine, mais désordonnée Bien souvent, la prise en compte d’une formation au développement durable apparaît à l’occasion des appels d’offres où des exigences environnementales sont demandées, voire des références en matière de démarche HQE. Les professionnels expriment de plus en plus des demandes concrètes, notamment auprès de leurs organismes professionnels, des organismes de formation interne et externe, de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) ou encore de l’association HQE. Les initiatives foisonnent mais sans coordination globale. « Nous n’avons pas réalisé de recensement des formations au développement durable au sein de l’agence », reconnaît Lucien Harrous, responsable du service formation externe et emploi de l’ADEME. « Nous organisons des rencontres entre maîtres d’ouvrages publics. Nous-mêmes, nous organisons des formations sur ces sujets lorsqu’ils représentent un investissement trop lourd pour les organismes de formations spécialisés. Sachant que ceux-ci font appel à des compétences externes, à des experts, cela nécessite beaucoup d’encadrement, beaucoup de temps pour les former. Ceci dit, des personnes travaillent sur la dimension de développement durable. Je suis sollicité régulièrement », observe-t-il. L’ADEME accentue ses efforts, les formations à la HQE pour les maîtres d’œuvre sont aujourd’hui une réalité, notamment en région Rhône-Alpes où une action pilote de formation interprofessionnelle de la maîtrise d’œuvre est enclenchée. Formation continue… Les groupements professionnels du secteur du bâtiment tels que l’Union des architectes (UNFSA), l’Union nationale des économistes de la construction et des coordonnateurs (UNTEC), la Chambre des ingénieurs conseils de France (CICF), ont également mis en place ou créent actuellement des cursus et des modules de formation continue dédiée au développement durable, tout au moins à la HQE. « Nous travaillons en ce moment sur des modules de sensibilisation d’une ou deux journées et des modules de perfectionnement de douze à quatorze journées », explique Nicolas Molle, ingénieur conseil et président de la commission développement durable au sein de la CICF. « Ces derniers s’inscrivent beaucoup plus dans le concret avec la mise en œuvre de la démarche HQE et l’approche urbaniste. Nous allons également développer des modules de spécialisation par métier à l’attention des experts. ». … et initiale affûtent leurs outils Si les préoccupations environnementales ne sont pas nouvelles (la sécurité, la qualité, l’hygiène, l’aménagement, la gestion des déchets, des risques… sont inhérents aux métiers du bâtiment et des travaux publics), les écoles spécialisées (Ecole Nationale des Ponts et Chaussés, Ecole Spéciale des travaux publics) et certaines écoles d’architecture (Paris, Lyon et Marseille) incluent désormais des modules dédiés au développement durable dans leur cursus. « Nous intégrons les préoccupations liées au développement durable selon trois niveaux : un cours d’éthique et d’environnement dans la construction réalisé par le cercle éthique des affaires ; la mobilisation de nos 700 enseignants sur ces sujets, notamment la notion de risques ; enfin, sur le plan scientifique et technique, ces aspects sont abordés dans de nombreux cours », souligne Frédéric Drillon, chargé des relations entreprises au sein de l’Ecole spéciale des travaux publics. En matière de formation initiale, toute la difficulté consiste à insérer un volet sur le développement durable, tout au moins environnemental, dans chacun des diplômes. La Fédération française du bâtiment (FFB) essaye ainsi de favoriser cette évolution à l’occasion de la révision des diplômes. « C’est en général très long » admet un responsable de la FFB. « Cela n’empêche que l’on essaie de former, au-delà des diplômes, un certain nombre de professeurs. Nous les avons par exemple sensibilisés à la gestion des déchets de chantiers, notamment en Bretagne. Ces actions restent ponctuelles et ne sont pas encore généralisées alors que, sur le terrain, nous sentons bien qu’il y a des demandes de formation urgentes. Le problème reste la méthode d’enseignement. Il est en effet difficile de savoir s’il faut privilégier l’auto-formation, la formation théorique, la formation en ligne ou la formation sur chantier », confie-t-il. On le voit, si les initiatives se multiplient, il reste à les harmoniser, comme le fait remarquer Michel Ducroux de l’UNTEC : « Un important travail interprofessionnel reste à accomplir qui doit aboutir à une base commune, chaque organisation professionnelle pouvant la développer ensuite selon ses spécificités ».
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