Formation professionelle: au coeur de la responsabilité sociale des entreprises allemandes

Entreprises \Ressources humaines \Formation

Publié le 09-04-2003

Partagez : Partager

Rien ne reflète mieux la perception que l'on se fait outre-Rhin de la responsabilité sociale des entreprises que les propos du chancelier allemand Gerhard Schröder lors de son discours si controversé du 14 mars :« Les entreprises ont (...) une responsabilité sociale. Et cette responsabilité se montre d'abord et surtout par un engagement en faveur de ceux qui se trouve au tout début de leurs vies professionnelles. Ceci est au coeur de l'éthique de la vie économique. »

Or, elles se font tirer l'oreille. Selon les chiffres du gouvernement, 30% seulement des entreprises offrent des formations en alternance, les autres « se dérobant, » pour emprunter la terminologie gouvernementale, de leurs responsabilités sociales. Concrètement, cela se traduit cette année par un manque d'environ 110,000 places d'apprentissages. L'année précédente, on comptait 570,568 places d'apprentissage pour 594,000 apprentis.

Le problème qui se pose est d'ordre légal : il n'existe aucune législation obligeant les entreprises à offrir des places d'apprentissage, explique Pamela Meil, chercheuse à l'institut de recherches en sciences sociales de Munich. « Il s'agit plus d'une obligation morale. Traditionnellement, ce sont les plus grandes entreprises (comme Siemens ou DaimlerChrysler) qui offrent le plus de places. C'est moins le cas des plus petites entreprises, » note-t-elle.

Aussi, s'il s'avère que les entreprises continuent à manquer à leurs devoirs sociaux, le gouvernement envisage-t-il des mesures « au cours de l'année suivante » les obligeant à les remplir. Car le chômage des jeunes, jusque-là un phénomène qui avait épargné l'Allemagne, prend des proportions inquiétantes. Dans un pays où environ 30% des élèves sont titulaires de l' « Abitur », ou baccalauréat, c'est peu de dire que l'enseignement professionnel tient le haut du pavé - d'autant qu'il ne souffre pas, bien au contraire, du discrédit que l'on connaît en France.

A coté de la filière académique traditionnelle, la formation en alternance permet la formation de spécialistes dont les entreprises ont en temps normaux besoin. « Mais avec le climat économique actuel, on voit bien les limites de la formation en alternance : le système est dépendant des entreprises, » analyse Pamela Meil, qui par ailleurs estime que la formation en alternance a pris un caractère sacré en Allemagne.

Signe des temps ? Si les apprentis font les frais du manque de volonté des entreprises en Allemagne, les salariés ne sont pas mieux lotis. D'après un sondage commandé par la commission européenne et effectué auprès des entreprises des 25 pays de la zone européenne, les chances pour un salarié en Allemagne de participer à un programme de formation offert par l'entreprise est de 36%. L'Allemagne arrive à la 16eme place, bonne dernière de tous les pays de l'Union européenne. Un résultat bien peu reluisant pour un pays qui fait constamment référence à l'économie sociale de marché.

Claire Stam
© 2003 Novethic - Tous droits réservés
Partagez : Partager
Rendez-vous sur Facebook Suivez-nous sur Twitter Rendez-vous sur Facebook Rendez-vous sur Facebook
Le Centre de Recherche
ISR
» A propos de l'ISR
» Les études ISR
» Le Label ISR Novethic
» La liste des fonds ISR
» L'Essentiel de l'ISR
RSE
» A propos de la RSE
» Les études RSE
» Repères RSE
Conférences
» Les débats thématiques
» Le colloque annuel
English
» Studies and Events
Outils
» Formations développement    durable
» Bibliographie
» Glossaire
Presse
http://www.nicomak.eu/parties-prenantes