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Un enfant sur six dans le monde est au travail. Face à ce constat alarmant, l'IPEC, l'agence spécialisée de l'ONU qui oeuvre pour l'élimination du travail des enfants, a publié, en février 2004 une étude en termes de coûts et bénéfices sur le sujet. Le résultat est éloquent : l'élimination du travail des enfants amènerait sept fois plus de bénéfices que de coûts, soit plus de 5000 milliards de dollars dans les économies en transition et en développement, pays dans lesquels vivent la plupart des enfants qui travaillent.
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250 millions d'enfants travaillent dans le monde
L'IPEC -Programme international pour l'abolition du travail des enfants- est le programme focal de l'OIT sur le travail des enfants. A ce titre, l'IPEC est la principale agence de l'ONU spécialisée sur cette question. Son objectif est "de contribuer à l'abolition progressive du travail des enfants en renforçant la capacité des pays de s'attaquer à ce problème et en créant, dans le monde entier, un mouvement pour le combattre." En particulier, l'IPEC s'est donné pour mission prioritaire d'éradiquer de manière urgente les pires formes de travail infantile à savoir "les enfants réduits en servitude, les enfants qui travaillent dans des conditions ou des secteurs dangereux et les enfants particulièrement vulnérables, à savoir les enfants de moins de 12 ans et les filles." Grâce au financement apporté par 19 pays donateurs -le premier fut l'Allemagne et la liste vient d'être récemment complétée par l'arrivée de la République de Corée-, l'IPEC est opérationnel dans 84 pays et 57 d'entre eux ont signé un protocole d'accord avec l'OIT. Depuis sa création en 1992, l'IPEC peut mesurer les résultats de son action. En effet, en décembre 2003, sur les 177 pays membres de l'OIT, ils étaient 147 à avoir ratifié la convention n°182 de l'ONU et 131 à avoir ratifié la convention n°138. Respectivement, ces conventions portent sur l'interdiction du travail des enfants et sur la fixation d'un salaire minimum notamment dans les pays en développement. L'IPEC entend poursuivre cette démarche notamment en identifiant, analysant et diffusant les bonnes pratiques susceptibles d'être reproduites ou étendues. Son action se développe aujourd'hui autour de trois axes thématique principaux : améliorer la conception et la mise en place des PAD (les Programmes Assortis de Délais) dont l'un des points essentiels est d'accroître l'implication des différentes parties prenantes, pouvoirs publics, médecins, représentants des salariés et des entreprises; mettre l'accent sur l'éducation, facteur essentiel de lutte contre le travail des enfants; et enfin développer l'argumentation économique de l'élimination du travail des enfants.
5 100 milliards de dollars de bénéfices
L'IPEC a ainsi publié en février 2004 la première étude -intitulée "Investir dans chaque enfant"- qui pose clairement la question des enjeux économiques, en termes de coûts et bénéfices, de la disparition du travail des enfants à l'échelle mondiale. Selon le Bureau International du Travail, qui assure le secrétariat de l'OIT, 246 millions d'enfants sont impliquées dans une activité laborieuse dont 179 dans des conditions mettant en péril leur santé physique, mentale ou morale. L'enjeu de cette étude n'est pas de justifier l'élimination du travail des enfants, cela est déjà demandé par l'OIT, mais de mieux comprendre les conséquences de cet engagement. Selon l'IPEC, le travail des enfants peut être éliminé et remplacé par une éducation universelle d'ici 2020. En effet, si les coûts liés à cette éradication excèderaient les bénéfices dans les 5 ans à venir, ensuite la tendance s'inverserait pour devenir excédentaire au fur et à mesure que l'éducation et la santé s'amélioreraient. Cela représenterait sept fois plus de bénéfices que de coûts soit 5100 milliards de dollars. En comparaison le coût annuel de l'élimination du travail des enfants serait inférieur au service de la dette ou aux dépenses militaires par exemple.
Conscients de la perte de ressources occasionnées pour les familles dans la perspective d'une élimination progressive du travail infantile à un horizon de 20 ans -le revenu d'un enfant représente en moyenne 20% de celui d'un adulte, les auteurs de l'étude prévoit un soutien financier aux ménages qui enverraient leurs enfants à l'école tel le programme Bosca Escola au Brésil. Le coût de ce transfert du travail à l'école représenterait entre 60 et 80 % du bénéfice apporté par le travail des enfants. Par ailleurs, le développement de l'éducation aurait un impact positif à terme en matière de salaire à condition que les pays soient en mesure de créer des emplois et de stimuler leur croissance. De plus, les améliorations dans le domaine de la santé provoquées par cette élimination du travail apporteraient des bénéfices économiques tangibles.
Comme l'a déclaré Juan Somavia, directeur général du BIT : "Ce qui est une bonne politique sociale est une bonne politique économique. Eliminer le travail des enfants apportera un énorme retour sur investissement et aura un impact inestimable sur la vie des enfants et de leurs familles."
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