Recrutement et discrimination raciale
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Publié le 19-02-2003
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Malgré l'adoption de mesures réglementaires, les discriminations raciales sur le marché de l'emploi persistent. En France, le chômage touche trois fois plus les étrangers d'origine non européenne et frappe, paradoxalement, d'autant plus les jeunes diplômés issus de l'immigration. Si les associations de lutte contre les discriminations et les pouvoirs publics demeurent opposés à la politique des quotas adoptée dans les pays anglo-saxons, la réalité montre que des actions volontaristes sont indispensables pour créer une dynamique d'accès à l'emploi des étrangers.
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En France, pour des raisons historiques et culturelles, la question de la discrimination raciale a été peu prise en compte avant la fin des années 90. Le principe d'égalité républicain a longtemps masqué l'inégalité de traitement souvent réservé aux étrangers sur le marché de l'emploi. En 1997, le traité européen d'Amsterdam a imposé à la France, comme aux autres pays de l'Union, de construire une politique active de lutte contre les discriminations de toute nature, et notamment contre les discriminations raciales. La loi du 16 novembre 2001 constitue à cet égard un début de réponse, mais n'a que peu d'influence sur la politique de recrutement des entreprises. Les études menées par SOS-Racisme et par le Groupe d'études sur les discriminations (GED) montrent en effet que la première des discriminations concerne l'emploi (près de 40 % des cas), suivi par l'inégalité de traitement par la police et la gendarmerie (17 %), l'accès aux loisirs et au logement (13 % chacun). Des chiffres qui rejoignent ceux du chômage des étrangers d'origine non européenne, trois fois plus élevé que le chômage des français de souche. Ce phénomène, qui touche encore plus les jeunes diplômés de l'enseignement supérieur, a amené l'association française pour l'insertion des jeunes diplômés (AFIJ) à développer un programme spécifique d'accès à l'emploi, car si les associations de lutte contre les discriminations demeurent opposés à la politique des quotas, la réalité montre que des actions volontaristes sont indispensables pour créer une dynamique en la matière. A ce titre, la décision de la RATP d'ouvrir ses 45 000 emplois à toutes les nationalités dans le cadre de la lutte contre les discriminations, a permis d'ouvrir une brèche dans la réglementation française, qui soumettait jusqu'ici tous les emplois des administrations publiques à des conditions de nationalité. Mais cette ouverture reste toutefois une exception au sein des entreprises publiques. Les directions comme les syndicats montrent assez peu d'empressement à ouvrir le statut du personnel, manquant ainsi une occasion de créer un " effet d'entraînement " dans les entreprises du secteur privé. L'expérience menée par le groupe d'intérim Adecco, qui a mis en place un plan de lutte contre les discriminations, montre qu'en France, les mesures prises dans ce domaine sont toujours de nature défensive, et que les entreprises sont encore très loin du concept de " gestion de la diversité ".
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Véronique Smée
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