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![]() Entreprises \Ressources humaines \DiscriminationQuel avenir pour la Halde ?Louis Schweitzer quitte la Halde après 5 années de présidence, durant lesquelles la Haute autorité est devenue une référence dans la lutte contre les discriminations. Très souvent suivie par les tribunaux, ses actions ont contribué à une prise de conscience collective, même si « les discriminations n'ont pas diminué », constate son ex-président.
L’ancien PDG de Renault, nommé à la présidence de la Halde en 2005, achève son mandat sans que le public ne sache encore qui le remplacera, ni même si la Halde conservera son statut actuel. Des noms circulent –Malek Boutih notamment-, ainsi que des hypothèses sur le futur fonctionnement de la Haute Autorité, qui pourrait être rattachée au « défenseur des droits », institution créée par la réforme constitutionnelle de 2008, mais qui n’a pas encore été validée par la loi. Une réforme peu appréciée par Louis Schweitzer, qui a au contraire défendu l’indépendance de la Halde lors de sa dernière conférence de presse en tant que président. Le fait d’avoir une instance entièrement consacrée à la promotion de l’égalité et à la lutte contre les discriminations lui semble en effet indispensable pour continuer le travail, car, a-t-il répété, « beaucoup reste à faire ». « La Halde est devenue la première autorité de recours, mais il faut encore renforcer son pouvoir », a-t-il souligné. L’ancien président estime d’ailleurs que si son bilan est positif sur de nombreux points, deux domaines doivent être renforcés : les opérations de testing menées par la Halde, ainsi que les visites inopinées en entreprise, prérogative promise par Nicolas Sarkozy fin 2008, mais qui n’a jamais été transposée dans la loi depuis. Désormais mieux connue, la Haute autorité a traité en 2009 plus de 10000 réclamations (21% de plus qu'en 2008 et 69% de plus qu'en 2007), dont 48,5% concernaient l'emploi, qui demeure le premier domaine de discrimination depuis 5 ans. Tout comme l'origine (28, 5%), devant l'état de santé et le handicap (18,5%). En matière d’emploi, un tiers des saisines portait sur le recrutement et deux tiers sur le déroulement de carrière, une discrimination qui touche notamment les femmes. « Les seniors et les femmes sont les catégories qui saisissent le moins la Halde alors qu’elles sont très discriminées et que le phénomène ne faiblit pas, » regrette Louis Schweitzer, qui explique leur attitude par « la résignation ». Au total, les enquêtes de la Halde estiment qu’environ 4 millions de personnes s’estiment discriminées en France. « Nul besoin de statistiques ethniques pour la mesurer », ajoute Louis Schweitzer, qui s’est toujours prononcé contre cet outil de mesure. « Nos statistiques et enquêtes suffisent à démontrer qu’un Africain a 4 fois moins de chances d’obtenir un emploi à compétences égales avec un Européen, et qu’une personne d’origine africaine ou maghrébine a 9 fois moins de chances de louer un appartement sur le marché privé ». Voilà pour le constat. Enfin, parallèlement à son action de répression, la Halde a également pris position sur plusieurs sujets d’importance - les quotas de femmes dans les conseils d’administration, la religion en entreprise, les tests ADN pour les candidats à l’immigration, le port du voile dans des métiers en contact avec la clientèle-. Peu à peu, elle a ainsi construit une doctrine, et assumé une forme de lobbying sur ces questions… Quitte parfois à déplaire, tant au sein du gouvernement que dans les directions des grandes entreprises.
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