L'Afij, dont la mission consiste à faciliter et à améliorer l'insertion professionnelle des étudiants et des jeunes diplômés, mène des actions spécifiques depuis 1997 avec l'aide de la Politique de la Ville pour les "jeunes diplômés des quartiers en difficultés". A partir des actions expérimentales menées en 97/98 sur les quartiers en difficulté, l'AFIJ a mené une étude pour mieux cerner l'identité de ce public et les difficultés rencontrées dans leur accès à l'emploi. Sur plusieurs sites en France, l'AFIJ a développé une démarche d'accompagnement spécifique pour les jeunes diplômés issus de l'immigration, afin de pallier leur handicap principal, qui réside selon elle dans l'absence de réseau relationnel. " Cette absence les empêche d'accéder à l'emploi " caché ", alors que la majorité des jeunes obtient son premier emploi de cette manière " indique l'association. Par ailleurs, son enquête montre que plus le diplôme est élevé, plus il est difficile pour un jeune diplômé issu de l'immigration de trouver un emploi, la discrimination jouant encore davantage pour les postes à responsabilité. Ainsi, les jeunes diplômés issus de l'immigration représentent 50% du public accueilli par l'association en France, et jusqu'à jusqu' à 60% à Lyon. Face à ce public, qui , selon l'association, " identifie le problème de la discrimination raciale comme la raison principale de leur difficulté à accéder à l'emploi ", l'Afij a décidé de changer ses méthodes habituelles pour engager un suivi individualisé de ces jeunes. A Lyon et à Marseille, ce suivi individuel a pris la forme d'un parrainage par un expert, issu de structures partenaires telles que la CCI, la jeune chambre économique, l'ANDCP (association nationale des directeurs du personnel), les unions patronales locales, et travaillant dans le secteur d'activité que les jeunes diplômés voulaient intégrer. Les parrains, qui ont eu pour mission d'apporter des informations concrètes aux jeunes diplômés et de leur faire bénéficier de leur réseau professionnel, ont permis à l'Afij d'obtenir des résultats satisfaisants. A Marseille par exemple, le taux d'insertion a été de 61,5%. Cette démarche montre que seule une action volontariste peut apporter des résultats. C'est d'ailleurs sur ce principe que SOS Racisme a lancé, en décembre 2002, une opération visant à permettre l'embauche de 1000 jeunes diplômés issus de l'immigration, en partenariat avec plusieurs grandes entreprises dont Axa, Schneider Electric, Pierre & vacances, Suez... Le bilan de l'opération sera effectué fin mars 2003. Si les associations de lutte contre les discriminations et les pouvoirs publics demeurent opposés à la politique des quotas, la réalité montre que des actions volontaristes sont indispensables pour créer une dynamique en la matière. Selon les chiffres du Haut Conseil à l'Intégration, parmi les diplômés d'une maîtrise ou d'un 3ème cycle universitaire, 7,2% des étrangers originaires de l'Union européenne sont touchés par le chômage, contre 18,2% pour les étrangers non communautaires.
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