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Le New York Times relance la guerre des sexes chez Wal-Mart. Le quotidien américain vient en effet de révéler que 6 ans avant le dépôt de la plainte collective pour discrimination vis a vis des femmes, la direction de Wal-Mart connaissait ses défaillances. Une enquête jusqu’alors confidentielle, réalisée en 1995 par le cabinet juridique Akin Gump Strauss Hauer et Feld pour le compte de Wal-Mart, avait en effet souligné de nombreuses disparités de traitement entre hommes et femmes. A l’époque, les hommes gagnaient en moyenne 19% de plus que leurs collègues femmes. Et ils avaient 5,5 fois plus de chances d’être promus cadres qu’elles. Les hommes payés à l’heure empochaient 5,8% de plus que les femmes, et ils étaient beaucoup plus nombreux dans les postes mieux rémunérés. 29% des hommes s’occupaient du déchargement des produits et du coup avaient une fiche de paie 20% plus importante. A l’inverse, plus de 50% des femmes étaient cantonnées aux caisses et gagnaient le minimum. Une class action qui concerne 1,6 millions d’anciennes salariées Après un tel constat, les rédacteurs du rapport Akin Gump Strauss Hauer et Feld avaient fortement conseillé à leur client de revoir sa politique salariale. Ils prônaient également plus de transparence, notamment dans la création de nouveaux postes. Et ils plaidaient en faveur de la promotion des femmes et des minorités. Hélas. Wal-Mart n’a pas suivi leurs conseils. En 2001, 7 femmes californiennes ont déposé devant la justice la plus importante plainte pour discrimination sexuelle, jamais vue. La plainte a obtenu le statut de «class action» : elle est "collective" et concerne un potentiel de 1,6 millions d’anciennes salariées et employées de Wal-Mart. Cette poursuite judiciaire pourrait coûter au groupe plus de 1 milliard de dollars en dommages et rattrapages de salaires, estime-t-on chez « Wake Up Wal-Mart », une association fondée par le syndicat United Food and Commercial Workers International Union, très critique vis a vis du distributeur. Le procès, qui selon les estimations des professionnels devrait se dérouler en 2011 ou 2012, est ardemment combattu par les bataillons d’avocats de Wal-Mart. Ces derniers veulent saisir la Cour Suprême cet été et plaident contre le statut «collectif» de la plainte. Ils préfèreraient examiner individuellement chaque poursuite judiciaire, ce qui lui permettrait de transiger. En attendant, la direction de Wal-Mart a ajusté sa position. Le PDG Mike Duke a expliqué lors de l’assemblée générale du groupe, début juin en Arkansas, que les femmes étaient les bienvenues « partout dans la compagnie et à tous les niveaux». L’encadrement est prié de suivre: 15% du bonus des managers sera lié à la promotion de la diversité chez Wal-Mart. Cette nouvelle stratégie n’a pourtant guère convaincu Brad Seligman, l’un des principaux avocats des plaignantes, qui attend de pied ferme le procès a venir. Wal-Mart traîne également, depuis plusieurs années, plus de 50 plaintes pour discrimination sexuelle ou violations de la règlementation du travail. De nombreux employés dans plusieurs États affirment en effet avoir été privés de temps de pause pour déjeuner ou aller aux toilettes et n’avoir jamais été payés pour les heures supplémentaires effectuées. Enfin, Wal-Mart emploie un très grand nombre de temps partiels et sa couverture sociale laisse à désirer… Investisseurs partagés Un bilan social qui rebute certains investisseurs socialement responsables...pourtant séduits par les engagements écologiques de Wal-Mart. «Il y a une relation d’amour haine avec ce groupe. La moitié de mes clients voudra acheter des titres Wal-Mart, l’autre moitié dira non », explique Steve Schueth, le président de First Affirmative Financial Network, conseiller en investissements socialement responsables. Et de poursuivre : «Wal-Mart a réalisé d’énormes progrès depuis 3 ou 4 ans dans la réduction des émissions de CO2 et les économies d’énergies.» Le groupe, qui travaille avec 100 000 fournisseurs, a également une influence considérable sur leurs politiques environnementales. «Quand Wal-Mart demande à ses fournisseurs de changer leurs pratiques, cela crée un effet boule de neige, explique Steve Schueth. L’hypermarché Wal-Mart n’est pas un cas facile comme le fabricant de tabac, que l’on refuse d’avoir dans son portefeuille d’actions. Wal-Mart s’inscrit dans une zone grise.» Et pour ceux qui ne veulent pas acheter le titre, Steve Schueth propose des alternatives plus socialement acceptables : les magasins Target ou Costco. Rappelons également que le groupe est exclu du Fonds norvégien du pétrole (fonds géré par le gouvernement sur des critères éthiques), en raison de ses pratiques anti-syndicales.
Actualisation: la Cour suprême des Etats-Unis a statué en faveur de Wal-Mart en décidant que ses employées ne pouvaient entamer une action en nom collectif. Il n'y avait pas assez d'éléments "en commun" entre les différents cas.
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