L’enquête, publiée le 14 mars par le Bureau International du Travail (BIT), montre que 4 fois sur 5 un employeur préfère recruter un candidat « d’origine hexagonale ancienne » qu’un autre doté de compétences égales mais "d’origine maghrébine ou africaine". Seuls 11 % des employeurs offre une égalité de chances à tous les candidats. La méthode employée par le BIT pour mesurer ces phénomènes est celle du testing. Les tests ont été réalisés de fin 2005 à mi-2006, sur les bassins d’emploi de Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Paris et Strasbourg et sur des offres d’emploi peu qualifiées, dans les domaines de l’hôtellerie-restauration, de la vente et du commerce, des services aux entreprises ou aux collectivités, des services à la personne, des transports, de l’accueil et du secrétariat, du bâtiment et des travaux publics, de la santé et de l’action sociale.
2 440 tests portant sur 4 880 candidatures ont été effectués avec divers types de prise de contact des candidats : appel téléphonique, envoi de CV, par courrier ou mail, ou présentation physique sur le lieu de travail — avec CV déposé. L’enquête du BIT souligne que s’il ya traitement discriminatoire dans 4 cas sur 5, celui-ci peut prendre des formes sournoises difficiles à détecter puisqu’on ne refuse pas formellement un candidat mais on le met en attente par des formules plus ou moins évasives. « envoyez un CV », « rappelez » ou « on vous rappellera ».
Le BIT a réalisé ce type d’enquêtes dans plusieurs pays. En France, il a travaillé pour celle-ci avec la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) du Ministère français de l’emploi et de la cohésion sociale.