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Le combat juridique des cadres et ex-cadres afro-américains du groupe Sodexho pour obtenir réparation du préjudice qu'ils auraient subi dans l'évolution leur carrière à cause de la couleur de leur peau, a commencé il y a quatre ans. En 2000, 7 d'entre eux ont déposé plainte auprès de l'agence fédérale de lutte contre la discrimination. L'année suivante, ils étaient 10 à intenter un procès. En juin 2002, cette affaire a pris la dimension d'une plainte collective rassemblant 2600 plaignants. Le groupe Sodexho a utilisé diverses voies juridiques pour faire annuler la procédure collective mais celle ci devrait finalement être plaidée devant un tribunal dans les mois à venir. Le procès devait avoir lieu à la mi-novembre 2004 mais la date n'est toujours pas fixée.
Dans le courant du mois d'août, " Alliance for Quality Services " une coalition qui rassemble diverses parties prenantes (syndicats, clients, consommateurs...) a voulu sensibiliser les investisseurs européens aux menaces que cette affaire fait peser sur le groupe de restauration collective. Elle estime que Sodexho Alliance minimise, à court terme, les risques financiers et à long terme ceux d'image dans la mesure où elle a des contrats avec des collectivités locales, des universités ou des collèges américains qui ont des exigences de non discrimination envers leurs sous-traitants. Les trois syndicats américains qui soutiennent la class action (Unite, Here et SEIU) disent ne pas vouloir ruiner l'entreprise mais combattre activement les politiques de discrimination en œuvre dans le secteur des services. Pour eux le procès est emblématique d'un type d'organisation qui ne laisse pas de place à la promotion de cadres afro-américains. Pour le démontrer, ils s'appuient sur des statistiques selon lesquelles les afro-américains ne représenteraient que 3,3 % des cadres de direction du groupe contre 13,3 % à l'échelon immédiatement en dessous ainsi que des témoignages sur des déclarations racistes émanant de cadres supérieurs américains blancs. La stratégie de défense du groupe Sodexho consiste, sur la forme, à essayer d'obtenir l'annulation de la class action et, sur le fond, à réfuter toute accusation. Si elle réserve sa démonstration au tribunal, Alison Lazerwitz, avocate internationale du groupe Sodexho Alliance, est confiante " Depuis le début nous estimons que le procès permettra de démontrer que cette action n'est absolument pas fondée et nous pensons que le tribunal est le meilleur lieu pour donner nos arguments. En attendant nous répondons à toutes les questions que nos parties prenantes veulent nous poser sur ce qui concerne cette affaire. "
Risque financier à court et long terme ? L'action collective pour discrimination raciale intentée contre le groupe Sodexho Alliance est emblématique de ce qu'on appelle le risque social pour une entreprise. Si les plaignants obtiennent gains de cause, les dommages seront considérables pour l'entreprise. Dans son mémoire destiné aux investisseurs, l'Alliance for Quality services explique que les 2600 cadres pourraient avoir droit à trois ans d'arriérés de salaires et des dommages plafonnés à 300 000 dollars par requérant. En terme d'image, il précise que " bien que l'entreprise ait manifestement investi dans une stratégie de relations publiques destinées à réduire au minimum les retombées d'une publicité indésirable sur ses relations interraciales avec ses salariés, il est difficile de savoir quel sera l'impact de ce procès sur le taux de fidélisation de la clientèle et la capacité de l'entreprise à décrocher de nouveaux marchés. Or les marchés clés de l'éducation que détient Sodexho se trouvent dans des districts scolaires comptant une majorité de population noire et métisse. " Si le groupe Sodexho défend bec et ongle sa politique de diversité, son avocate admet quand même que " quand une compagnie est la cible d'une campagne menée par un groupe de syndicats comme celui-ci il y a un risque d'image." Le procès qui devrait durer un mois et bénéficier d'une large couverture médiatique permettra aux protagonistes de confronter leurs arguments puisqu'ils n'ont pu aboutir à une transaction. Les syndicats veulent démontrer que la discrimination positive permet de recruter des représentants des minorités ethniques sans leur offrir de possibilité de faire une véritable carrière. Sodexho entend prouver qu'elle a mis en place une véritable politique de diversité. Le juge tranchera.
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