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Qu'attendez-vous de ce code de conduite ? J.-P. Pinasseau : Avec ce code, on devient un acteur averti. Nous sommes sensibilisés et donc plus exigeants envers les fournisseurs par exemple. En Europe, il n'y pas de vrais retards en terme social, mais grâce aux bonnes pratiques qui sont mises en avant, nous sommes dans une démarche de progrès. Rien que lors de la préparation du code, l'échange entre les pays européens était passionnant. L'accord signé n'est pas un constat, ce n'est qu'un démarrage, pour s'améliorer et être plus responsable. Il n'y a pas de sanctions prévues pour les pays ou les entreprises " en retard ", nous tablons plutôt sur l'émulation, sachant que sur le terrain économique, quand on voit un concurrent faire quelque chose, on reste rarement insensible. Il faut maintenant que chaque adhérent s'approprie ce projet pour l'intégrer à son management. La responsabilité sociale est un élément de compétitivité, on ne le fait pas pour gagner de l'argent, mais il n'y a pas d'économique sans social et vice-versa. Il faut de la conviction sans naïveté. Si on s'est lancé là-dedans, ce ne sera pas antiéconomique. D. Lesage : Il ne faut pas se voiler la face. Il s'agit de normes minimales. Ne serait-ce qu'en France, on est déjà au-dessus. Pour nous, ce code pose les prémices d'une convention collective européenne, qui nous permettra de dire aux nouveaux arrivants que nous avons des normes à respecter. Car ce code est né de la perspective des gros changements à venir en 2006, un horizon qui nous inquiète, et face auquel nous voulions " cadrer " les choses. A terme, on aimerait bien aller vers un code de conduite économique, pour poser des limites à la fraude sur la qualité par exemple... Quelle est la situation sociale de l'industrie sucrière en France ? D. Lesage : Nous avons une inquiétude majeure sur la préservation de l'emploi. La reprise de Beghin Say par l'Union des Sucreries et Distilleries de l'Aisne (SDA) et les planteurs de betteraves de l'Union BS, en novembre 2002, laisse planer un doute sur le maintien de l'emploi. Si, à cela, on rajoute, sur le plan mondial et européen, l'abandon des quotas et des droits de douane dans les années à venir, l'ouverture du marché, la concurrence accrue, on ne peut être que circonspect face à l'avenir. Economiquement, c'est une filière menacée. Nous comptons actuellement 32 usines en France, il en restera au mieux une vingtaine dans les dix ans à venir. J.-P. Pinasseau : Les contraintes de l'OMC vont changer la donne et les partenaires sociaux l'ont bien compris. L'Europe revoit également l'organisation commune du marché du sucre. Nous ne faisons pas d'angélisme, la conjoncture est aujourd'hui calme mais avec des changements comme celui de Beghin-Say, les choses peuvent changer. Nous avons confiance dans notre dialogue social particulièrement avancé, dont le code est une positive résultante.
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