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Dans le secteur de l’hôtellerie-restauration, 10% des personnes travaillent au noir. C’est le constat d’une étude conduite au cours de l’été 2006, par les Urssaf, sur un échantillon de 2400 établissements. A l’heure où le ministère de l’immigration considère que l’immigration clandestine alimente le travail illégal, Il n’est pour le moment pas question de demander aux agents de l’Urssaf de coopérer avec les services de police. Ces agents s’intéressent avant tout aux employeurs qui ne versent pas les cotisations sociales qu’ils devraient verser. Ils n’ont pas pour mission de dénoncer les travailleurs illégaux à la Police. La situation est exactement la même pour les inspecteurs du travail. Un décret va pourtant permettre au ministère de l’immigration de « disposer » des services de l’inspection du travail afin de lutter plus efficacement contre le travail illégal des étrangers. De concert, le 20 juillet dernier, les syndicats ont déposé un recours en annulation auprès du conseil d’Etat. Dans le code du travail, le travailleur illégal (qu’il soit immigré clandestin ou non) est d’abord considéré comme une victime. Ils ont des droits comme par exemple celui de lancer des procédures aux prud’hommes. Selon Luc Beal-Rainaldy, secrétaire national de la FSU au ministère du travail, « L’approche du ministère de l’immigration nie le statut de victime du travailleur étranger sans papiers. Contrairement aux lois Sarkozy, le Code du travail prescrit que le travaileur sans papiers a des droits. Pour un policier qui contrôle le droit du séjour, c'est un délinquant qui doit être reconduit à la frontière. De plus, on invente un délit qui n'existe pas en droit, celui du travail illégal des étrangers en confondant allègrement de manière démagogique le travail illégal qui recouvre des situations juridiques qui prennent des formes diverses (prêt de main d'oeuvre, travail dissimulé... ) avec celui de l'emploi des étrangers sans papiers, qui ne recouvre qu'une petite partie du travail illégal". Pour le syndicat, c’est en s’attaquant à la sous-traitance en cascade que l’Etat lutterait le plus efficacement contre le travail illégal. « Il nous est impossible de remonter jusqu’aux donneurs d’ordre qui se défaussent de leur responsabilité tout en bénéficiant de tous les avantages du travail illégal. Il manque un cadre juridique qui interdise les cascades de sous traitants que l’on retrouve dans les secteurs du bâtiment ou encore du nettoyage », explique Luc Beal-Rainaldy. Du côté de la police, ce décret est plutôt bien perçu. « Ceux qui travaillent illégalement doivent également être considérés comme responsables. Il y a matière à échanger beaucoup d’information avec les services de l’inspection du travail», considère Gérard Demarq, le secrétaire administratif général du syndicat Alliance, l’un des principaux syndicats de la Police Nationale. Et celui-ci d’ajouter, « nous soutenons les revendications des inspecteurs de travail qui réclament davantage de moyens humains pour mener leurs missions. » Il y a 1 366 inspecteurs et contrôleurs du travail en France. La création de 700 postes est prévue sur les 4 prochaines années.
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