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Y a –t-il un risque accru pour les salariés du groupe Total et leurs sous-traitants qui travaillent dans les raffineries du groupe ? Le syndicat CGT en est persuadé et a lancé, fin janvier, une alerte publique. Il s’appuie sur les trois décès enregistrés sur des sites pétroliers depuis le début de l’année et considère que ces drames sont le signe d’une dégradation générale des conditions de sécurité. « La stratégie de recours à la sous-traitance pour tout ce qui n’est pas cœur de métier de l’exploitation pétrolière conduit à une perte de savoir-faire et de savoir- faire faire.» explique Charles Foulard, délégué CGT Total. Il ajoute « Les temps d’arrêt pour maintenance sont plus courts qu’ils ne devraient. Dans une raffinerie comme celle de Grand Puits en Seine et Marne, il reste sur 4 installations des problèmes de corrosion et de fissure, après maintenance de l’aveu même de la direction !» Il exprime une inquiétude d’autant plus vive que la crise et la baisse du cours du pétrole pourrait diminuer les moyens de financement disponibles. Face à cette mise en cause, le groupe Total répond qu’il ne transige en aucun cas sur la sécurité et tient à remettre chacun des trois décès dans leur contexte. Il explique que deux d’entre eux font toujours l’objet d’enquêtes et que le troisième ne peut, en aucun cas, être imputable aux conditions de travail puisque la personne est décédée d’un malaise qui aurait pu survenir n’importe où ailleurs. Pour le porte-parole du groupe chargé de répondre sur ce sujet, toutes les actions de formations à la sécurité sont une préoccupation constante du groupe et sont organisées de la même façon pour les salariés et de tous les sous-traitants. Dotée d’une direction sécurité industrielle depuis 2002, Total s’affirme conscient de ses responsabilités et de ses devoirs et précise que chacun de ses investissements comporte un volet sécurité et un autre environnement, qui ne sont pas négociables. Il détaille tous les chiffres accordés branche par branche. En 2007 par exemple, celle du raffinage marketing a consacré 288 millions d’euros au poste Hygiène Sécurité Environnement dont 141 millions d’euros pour la sécurité. Le sujet est extrêmement sensible et la direction de Total ne veut pas polémiquer. Elle insiste sur le fait que toutes les raffineries font l’objet de vérifications précises et d’investissement sur la protection des personnes, celle des salles de contrôles qui doivent pouvoir résister aux explosions et les conditions de vidange, source potentielle importante d’accidents. La CGT compte utiliser ses diverses positions au sein des instances du groupe (CHSCT, commission sécurité et environnement) pour éviter que, selon ses termes, « la rentabilité l’emporte sur la sécurité ». En attendant elle participe, mercredi 4 février, a une réunion organisée par la direction du groupe Total avec les représentants du personnel sur le sujet de la sécurité. « Cette fois, nous voulons du concret, pas de discours ni d’engagement sous forme de charte » conclue Charles Foulard. « Nous avons des chartes de toute nature mais elles ne suffisent pas puisque ces accidents montrent que quelque chose ne va pas. » Trois semaines avant l’ouverture du procès AZF à Toulouse, il est hautement probable que le groupe Total se serait passé de cette polémique publique sur les conditions de sécurité au sein de ces installations classées comme dangereuses.
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