Responsabilité sociale : la Commission prime les meilleurs employeurs d'Europe

Entreprises \Ressources humaines \Risques psychosociaux

Publié le 01-04-2003

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La Commission européenne et sa direction des Affaires sociales en association avec l'institut américain Great Place to Work, a récompensé jeudi 27 mars trois entreprises du Nord du continent pour leur politique en matière de formation continue (Hannes Snellman, Finlande), de promotion de la diversité (Intel, Irlande), et d'égalité hommes-femmes (Schering AG, Allemagne). L'institution européenne a également distingué les " 100 meilleurs employeurs " de l'UE, c'est-à-dire les 100 entreprises où il fait bon travailler, à l'issue d'un concours lancé au printemps 2002. Les dix meilleures d'entre elles sont : Asda (groupe Wal-Mart, Royaume-Uni), Caixa Popular-Caixa Rural (Espagne), Cloetta Fazer (Finlande), Ferrari Maserati Group (Italie), Janssen-Cilag (Grèce), MBNA (Irlande), Microsoft (Belgique, France, Allemagne, Irlande), Unimerco (Danemark), VX Company (Pays-Bas), Winterheller Software (Autriche).
Cette initiative est liée à la volonté de la Commission de développer un cadre européen pour la responsabilité sociale des entreprises, après la publication d'un Livre sur le sujet en juillet 2001, et d'une Communication en juillet 2002.
Il s'agit de " diffuser les meilleures pratiques " en vue de " créer des emplois de meilleure qualité et performants ", a souligné la Commissaire aux Affaires sociales, Anna Diamantopoulou, qui n'a pas exclu de renouveler la formule des prix, mais en récompensant aussi la responsabilité sociale " externe " de l'entreprise. En mars 2000, le Conseil européen de Lisbonne avait déjà invité les entreprises à développer de bonnes pratiques en matière d'éducation, de formation tout au long de la vie, d'organisation du travail, d'égalité des chances, d'insertion sociale, et de développement durable.

Egalité, diversité
Le prix pour l'égalité entre les sexes est aussi lié à la Stratégie communautaire définie pour 2001-2005, qui promeut l'augmentation du taux d'emploi des femmes, la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, et la réduction de l'écart salarial entre hommes et femmes. Sur la diversité, la Commission a lancé un Programme d'action 2001-2006 de lutte contre les discriminations fondées sur la race, la religion, le handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle. Un millier d'entreprises se sont portées candidates, et une première sélection a eu lieu au niveau de chaque Etat membre, sur la base de questionnaires aux directions des entreprises et à leurs salariés. Les entreprises (privées mais aussi publiques, ainsi que des ONG) ont dû fournir des informations chiffrées (par exemple : pourcentage de femmes cadres, de salariés non européens, de handicapés, heures et budget de formation, salaire moyen d'embauche etc...), et certaines questions ont été adaptées au contexte national. Les sociétés ont aussi répondu à des questions ouvertes et fait part de leurs propres initiatives (charte, codes, lettres d'information, videos...)
Les entreprises ont par ailleurs transmis d'autres questions, identiques cette fois dans tous les pays, à un échantillon, choisi au hasard, de 50 à 250 salariés. Plus de 100.000 salariés ont ainsi noté leur société selon des critères qualitatifs (par exemple : moyens adaptés aux tâches confiées, reconnaissance du mérite, impression d'être associé aux décisions, ou encore traitement équitable des sexes, licenciements en dernier recours, meilleur équilibre travail-vie privée etc...). Les deux-tiers de la note finale étaient basés sur les réponses des salariés, et trois relations ont été évaluées : entre les employés et la direction, entre les employés et leur travail, entre les employés eux-mêmes. La Commission assure que les partenaires sociaux ont été consultés dans chaque pays, mais la Confédération européenne des syndicats, qui faisait partie du jury pour le prix égalité, a dénoncé un questionnaire " contrôlé par l'employeur ", en rappelant que cet événement ne " peut pas se situer en dehors " du principe de dialogue social, " élément majeur " du modèle social européen.

Anne Renaut
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