Mc Do Strasbourg-Saint-Denis : les syndicalistes crient victoire

Entreprises \Ressources humaines \Conditions de travail

Publié le 15-03-2004

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Il aura fallu attendre 363 jours de grève et d'occupation des lieux, nuit et jour, pour voir des négociations aboutir. Un triste record. Lundi 8 mars 2003, un protocole d'accord a été signé entre la direction et les salariés du Mc Do Strasbourg-Saint-Denis à Paris, dans lequel est prévu le départ du gérant actuel, Hamid Triyeh, la réintégration de Tino Fortunat, sous-directeur, dont le licenciement avait déclenché cette grève le 11 mars 2003, et " la satisfaction des revendications posées ". Compensation des jours de grève (35 % des heures ont été accordés) ou encore augmentation de salaire (obtenue autour des 6,5 %). Un contrôle renforcé des caisses a également été entériné, ainsi que la mise en place d'un comité de suivi joignant l'inspection du travail, pour les questions liées à la politique de recrutement.


Un exemple pour la défense des salariés précaires


Pour la CGT, qui organisait mardi 9 mars une conférence de presse, c'est une victoire éclatante dans la lutte contre les discriminations syndicales et pour la défense des précaires que l'on " rêve flexibles et forcément résignés ".
" Nous sommes très fiers de la ténacité et du courage de ces 27 salariés, s'est félicité Karl Gazi, de l'Union syndicale du commerce de la CGT. Mc Do ne s'estime pas une entreprise anti-syndicale, simplement elle pense que dans ses restaurants, il n'y a pas besoin de syndicats. Alors, quand des salariés décident de protester pour améliorer leurs conditions de travail, on veut les sortir de l'entreprise. Maintenant, la direction saura qu'elle ne peut pas agir ainsi."


Et après le conflit ?


Ce sentiment de répression est partagé par Tino Fortunat, ancien sous-directeur, délégué syndical CGT et porte-parole des grévistes : " Mc Do a opté pour le pourrissement du conflit et n'a ouvert des négociations qu'au bout de cinq mois. L'ancien patron voulait couler une boîte pour noyer les syndicalistes. Mais nous avons tenu bon et, aujourd'hui, que la direction le veuille ou non, il y aura un mouvement syndical chez Mc Do. " Un optimisme néanmoins nuancé dès que l'on aborde la portée de ce conflit sur la politique sociale générale du groupe et l'avenir précis des anciens salariés de ce restaurant; sujets sur lesquels les syndicalistes présents restent évasifs. Tino Fortunat lui-même irait reprendre du service dans un autre restaurant dans un premier temps, avant, peut-être, de réintégrer ce Mc do.


Affaire à suivre...


Depuis un an (après une période déjà mouvementée fin 2001 - début 2002), le Mc Do situé au métro Strasbourg-Saint-Denis s'était transformé en bastion de la lutte des salariés précaires. Les 27 employés en grève protestaient contre la détérioration des conditions de travail (paye en retard, heures supplémentaires non payées, ruptures de stocks, incohérence dans la gestion du restaurant...) depuis l'arrivée du nouveau gérant, Hamid Triyeh, et se plaignaient de discrimination syndicale. Dans un mois, après un nettoyage de printemps, le fast-food rouvrira ses portes. A Denfert-Rochereau, samedi 6 mars, les salariés d'un autre Mc Do se sont mis en grève, pour protester contre un projet de franchisation du restaurant.
Sylvie Touboul
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