Alors que le groupe de distribution a été assigné, le 11 juin 2003, par six anciens cadres pour harcèlement moral , Jean-Luc Masset, directeur des ressources humaines de l'ensemble des hypermarchés Carrefour en France, a répondu aux questions de Novethic. Il affirme que le harcèlement moral doit être banni des hypermarchés Carrefour et que, si le harcèlement était reconnu par la justice, l'entreprise prendrait des sanctions lourdes à l'égard des harceleurs .
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Comment expliquez-vous qu'un rapport de la médecine du travail parlant de " méthodes de management contraires à la dignité de l'homme " dans l'un des hypermarchés de votre groupe n'est pas provoqué une réaction de la part de la direction régionale de laquelle il dépendait ?
Jean-Luc Masset : Je ne crois pas qu'on puisse affirmer que ce rapport n'a pas suscité de réaction. Ce n'est pas la direction régionale, mais le directeur du magasin qui a traité le problème. Il l'a en effet abordé en mai 2002, soit deux mois après la publication du rapport, lors d'une réunion du CHSCT au cours de laquelle des représentants syndicaux se sont étonnés des affirmations du médecin du travail. Six plaintes simultanées à l'encontre de Carrefour pour " harcèlement moral ", n'est-ce pas le signe d'un malaise plus général dans les hypermarchés de votre groupe et notamment chez les cadres ?
Jean-Luc Masset : Sincèrement, je ne le pense pas. Carrefour s'est construit avec la promotion interne, ce qui signifie que les managers connaissent très bien le travail de terrain et les difficultés que peuvent rencontrer les employés au jour le jour. En outre, notre groupe est porteur de plusieurs valeurs parmi lesquelles on compte le respect et la solidarité. Toutefois, il est clair que le temps de travail de nos cadres se comptabilise en jours et non en heures, ce qui peut impliquer en cas de besoin de longues journées de travail. Les cadres de Carrefour sont tenus de travailler 214 jours par an, mais disposent en compensation de 30 jours de congés et de 12 jours supplémentaires dus à la réduction du temps de travail. Comptez-vous mettre en place des procédures spécifiques de prévention contre le harcèlement moral dans les hypermarchés ?
Jean-Luc Masset : Une chose est sûre, les affaires de harcèlement moral ne doivent pas avoir lieu dans un groupe comme le nôtre et si la justice estime qu'il y a eu harcèlement dans nos magasins, des sanctions seront prises contre les " harceleurs ". Mais, je rappelle que lors de leurs entretiens préalable de licenciement, aucun des six plaignants n'a fait mention de quelconques pressions de la part de leurs supérieurs hiérarchiques ou de leurs collègues. Par ailleurs, tous les deux ou trois ans, nos hypermarchés font l'objet d'enquête de climat social. Ces enquêtes, totalement anonymes, sont ensuite restituées à la direction de l'hypermarché, aux managers et aux salariés. Plusieurs syndicats dénoncent une dégradation des conditions de travail depuis la fusion avec Promodès en 1999. Que leur répondez-vous ?
Jean-Luc Masset : Contrairement à d'autres fusions, celle qui a eu lieu entre Carrefour et Promodès n'a pas conduit au phénomène des " doublons " [deux salariés occupant le même poste], puisque ce rapprochement a consisté en une augmentation du nombre de magasins au sein du nouveau groupe Carrefour. Et ce n'est pas parce que vous augmentez le nombre de magasins que vous réduisez le nombre de personnes qui y travaillent. En terme de rémunération, les anciens salariés de Promodès y ont gagné puisqu'ils ont reçu plus d'un mois de salaire en plus grâce au système de la participation aux bénéfices. Enfin, il est à noter que Carrefour hypermarchés France a créé mille emplois en 2002 et a dépensé 34 millions d'euros pour la formation de ses employés.
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