La santé au travail concerne toutes les parties prenantes

Entreprises \Ressources humaines \Conditions de travail

Publié le 28-04-2004

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Dans son discours lors de la présentation du rapport annuel du Conseil Supérieur de la Prévention des Risques Professionnels (CSPRP), sans minimiser le rôle de l'Etat et des pouvoirs publics, Gérard Larcher, Ministre délégué aux Relations du Travail, a rappelé l'importance du rôle des entreprises dans l'évaluation et la prévention des risques professionnels et la nécessité qu'elles en assument leur part de responsabilité.

S'il incombe aux pouvoirs publics de faciliter l'évaluation et la prévention des maladies et risques professionnels notamment en s'efforçant de contrôler l'application de la réglementation, les entreprises sont les premières à pouvoir mettre en œuvre une action concrète. Comme l'a indiqué Gérard Larcher : "c'est dans l'entreprise voire dans l'atelier ou le bureau que se jouent concrètement les questions de santé au travail. C'est la raison pour laquelle l'entreprise a l'obligation de transcrire dans un document unique l'évaluation des risques encourus par ces salariés. Cette obligation, dont l'origine est communautaire, n'a de sens que si elle s'inscrit dans une véritable démarche de prévention."

L'évaluation des risques, une obligation depuis plus de 10 ans
Introduite par une directive européenne en juin 1989, la notion d'évaluation des risques professionnels a été retranscrite en droit français par la loi du 31 décembre 1991. Dans l'article L -230 du Code du travail on apprend que le  chef d'entreprise a une obligation légale de sécurité à l'égard de ses salariés, qu'il procède à l'évaluation des risques et que pour ce faire il se base sur les principes généraux de prévention (éviter les risques, évaluer ceux qui ne peuvent l'être, tenir compte des évolutions techniques, planifier la prévention, donner les instructions nécessaires aux travailleurs...). Un décret de novembre 2001 a renforcé cette obligation en imposant à chaque employeur de fournir un document unique d'évaluation des risques de l'entreprise et de le mettre à jour une fois par an.
Partant du constat mitigé d'une réduction du nombre de décès liés au travail, mais d'un accroissement des accidents graves ainsi qu'une augmentation du nombre de salariés souffrant de TMS ou de cancers professionnels, le CSPRP s'est donné 4 grands axes d'action à mener en 2004 :
- Mettre en place des outils de connaissance des risques (veille, recherche scientifique, évaluation en entreprise, bonnes pratiques)
- Améliorer la réglementation et son application
- Renforcer les actions de prévention (réforme des services de santé au travail, synergies entre les différents acteurs, mise en œuvre de plans d'actions sur les risques prioritaires -TMS, cancers, accidents routiers et risques technologiques)
- Adapter l'indemnisation des victimes (réparation des risques, application des mesures de réparation des victimes de l'amiante)

Comme l'a déclaré Gérard Larcher, "L'intérêt des salariés et des entreprises est évidemment commun tant le coût de l'insécurité est élevé et porte atteinte à la compétitivité des entreprises." Absentéisme, baisse de la productivité... l'entreprise a tout intérêt à évaluer au mieux les risques comme elle est légalement tenu de le faire, à les prévenir et à améliorer la qualité de vie au travail. Il faut rappeler que l'arrêté de la Cour de Cassation obtenu dans le dossier de l'amiante, le 28 février 2002, fait aujourd'hui jurisprudence. En reconnaissant la "faute inexcusable" des employeurs, les hauts magistrats ont imposé à toutes les entreprises une obligation de sécurité et d'information à l'égard des salariés. La démonstration de la conscience d'un danger sans mise en place de mesures de protection des salariés suffit à reconnaître la faute inexcusable de l'employeur. De plus, l'arrêté prévoit que l'auteur est alors responsable sur son patrimoine personnel des conséquences de celle-ci.

L'Agence Nationale pour l'Amélioration des Conditions de Travail (ANACT) dans le cadre de son contrat de progrès signé avec l'Etat et unanimement approuvé par les partenaires sociaux, lance ainsi du 3 au 7 mai 2004, "La semaine de la qualité de vie au travail". Débats, rencontres, visites d'entreprises et expositions viseront à sensibiliser l'ensemble des acteurs de l'entreprise en valorisant les initiatives les plus innovantes. En mettant au cœur de cette semaine la question de la gestion des âges, l'Anact met l'accent sur les relations entre vieillissement de la population, organisation du travail et conception des postes afin de mieux évaluer et prévenir les risques professionnels. La campagne se clôturera le 7 mai par un colloque national à Paris.

Cette campagne s'inscrit tout à fait dans la perspective esquissé par le ministre aux Relations du travail, qui  rappelait le 13 avril dernier que : "La santé au travail ne se borne pas à une logique de santé publique. Elle implique certes l'Etat mais aussi les partenaires sociaux et les entreprises." Et d'ajouter : "Dans les relations entre l'entreprise et l'Etat, il appartient à ce dernier d'assurer le contrôle des réglementations applicables mais aussi de donner des moyens d'appui."

Christophe Brunella
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