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Les jeunes consommateurs allemands, néerlandais et scandinaves sont prêts à payer 10% plus cher leurs produits électroniques s'ils sont assurés d'avoir été produits sous des conditions socialement et environnementalement responsables. L'étude publiée par makeITfair montre par ailleurs que ces mêmes consommateurs déplorent une politique d'information insuffisante de la part de l'industrie électronique. Ils sont 85% à exiger des entreprises d'agir pour apporter des solutions viables. Eux même sont prêts à agir, 45% déclarant vouloir participer à des actions civiles pour l'introduction de critères sociaux et environnementaux. Par son étude, makeITfair entend ainsi intensifier la pression civile sur une industrie à la chaîne de production hautement problématique mais qui continue d'ignorer toute forme de responsabilité. Dialogue avec les jeunes consommateurs L'organisation makeITfair se présente comme un réseau d'ONG européennes coordonné par le Centre néerlandais de recherche sur les multinationales (Somo). En Europe, les partenaires sont Irene aux Pays-Bas, SwedWatch, Fair Trade Center, Church of Sweden Aid en Suède, FinnWatch et la Finnish Association for Nature de Finlande, Germanwatch et l'Association de défense des consommateurs en Allemagne. Pour ses sources d'informations, le réseau s'appuie sur des organisations en Chine, en République démocratique du Congo, ainsi qu'en Inde. Irene Schipper, chef analyste chez Somo et auteur d'une étude sur la responsabilité sociale des entreprises de l'électronique, décrit l'objectif assigné à makeITfair comme étant un projet de sensibilisation des consommateurs, et tout particulièrement des jeunes consommateurs, sur les conditions dans lesquelles les objets électroniques sont fabriqués. A terme, il s'agit de les motiver pour qu'ils entrent dans un dialogue, pour reprendre le terme de l'analyste, avec les grands noms de l'électronique. Ce projet est limité à trois années. " L'industrie électronique bénéficie d'une image propre. Mais l'organisation de sa chaîne de production est similaire à celle de l'industrie du textile, voire bien plus complexe, car un nombre plus grand de fournisseurs entre en jeu, " relève Irene Schipper. " Or, les problématiques présentent des similitudes : pollution, destruction de l'environnement, travail des enfants, absence de règles de sécurité et d'hygiène, etc..." Ainsi, SwedWatch, membre de makeITfair, publie une étude montrant que la moitié de la production mondiale de cobalt, utilisé entre autre pour les téléphones et ordinateurs portables ainsi que les caméras digitales, provient des mines du Zambie et de la République démocratique du Congo. Un mineur sur trois est un enfant ou adolescent, d'après l'organisation suédoise. Les mineurs ne disposent d'aucun habit de protection et sont contraints de respirer la poussière minérale responsable d'infection aux poumons et aux yeux. Chez Somo, on montre qu'en Afrique du sud, 17 000 villageois se voient expulsés de leurs terres ancestrales pour rendre l'extraction du platine et du palladium possible, deux composants utilisés pour la fabrication de disques durs et d'écrans plats. Aucune compensation n'est prévue. Sous-traitance en chaîne " L'industrie électronique est un grand consommateur de métaux qui sont généralement extraits dans des pays à risque comme la Chine, la Russie ou encore certains Etats africains, " observe Cornelia Heydenreich, de Germanwatch. " Mais jusqu'à présent, c'est à peine si l'industrie électronique s'interroge sur sa part de responsabilité dans la présence de matières premières dans ses produits. Or, nous exigeons que les entreprises de l'électronique suivent les conditions d'extraction de ces matières premières et participent à l'introduction et à l'observation de conditions de travail équitables. " Chez GoodElectronics, autre réseau d'ONG, on explique que " la complexification de la chaîne de production, le pourcentage élevé de sous-traitance, les développements rapides des produits, les structures faiblement syndicalisées et l'absence d'amélioration de la législation nationale et internationale " contribuent à l'ignorance de critères sociaux et environnementaux dans la production des produits électroniques. " L'industrie a pris l'initiative de développer un code propre au secteur, et de mettre sur pied un groupe de travail destiné à sa mise en œuvre, " relève encore l'ONG, " toutefois, les parties prenantes mettent en avant les faiblesses de ce code (...) Il faut notamment souligner le manque d'implication structurelle des travailleurs, le manque de mise en oeuvre à l'échelon local ainsi que le manque de vérifications indépendantes. " Intérêt des investisseurs GoodElectronics prévoit en parallèle une campagne axée sur l'ISR - un grand nombre de géants de l'électronique étant présents dans des indices éthiques et des fonds d'investissement socialement responsable. Au sein de l'agence de notation munichoise oekom research, le dialogue avec les parties prenantes et les investisseurs éthiques a déjà lieu : " Les investisseurs éthiques se penchent de manière particulièrement critique sur les activités économiques des grandes entreprises de l'industrie électronique ainsi que celle liée à l'extraction de matières premières. En tant qu'agence de notation, nous observons cette branche et informons régulièrement nos clients sur les derniers développements des entreprises ", ajoute l'agence. Parmi les critères évalués : les conditions de travail, les standards sociaux et environnementaux dans l'extraction de Coltan, la réduction, voire l'absence de produits dangereux pour la santé dans la production des appareils ainsi que le recyclage des vieux appareils.
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