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![]() Entreprises \Ressources humaines \Conditions de travailL'industrie du chocolat interpellée sur les conditions de travailLa Déclaration de Berne, ONG suisse, exige plus de transparence de la part des fabricants de chocolat sur les conditions de travail dans les pays producteurs de cacao. Si sa pétition « Non au chocolat issu du travail des enfants » a reçu plus de 17 000 signatures de la part des consommateurs, les deux géants du secteur, Nestlé et Barry Callebaut, restent évasifs sur le sujet.
La Déclaration de Berne (DB) qui, depuis la fin des années 60, se bat pour des relations Nord-Sud plus équitables, s'en prend aujourd'hui au symbole national : le chocolat. Dans sa ligne de mire : les conditions de travail infligées aux employés des plantations de cacao, et, en particulier aux enfants. Selon elle, près de 250 000 sont actuellement utilisés dans les plantations d'Afrique de l'Ouest dans des conditions inacceptables. Le problème n'est pas nouveau. Le scandale est déjà dénoncé en 1998 par un accablant rapport de l'UNICEF mentionnant des cas d'enfants retirés des écoles et même enlevés par les producteurs ! Le protocole de « Harking-Engel », signé en 2001, censé garantir une exploitation et une production respectueuse des employés, grâce à un système de certification, la dénonciation de l'esclavage d'enfants dans les fermes de Côte d'Ivoire la même année par l'Organisation Internationale du Travail (OIT), la création l'année suivante de l’International Cacao Initiative (ICI), la surveillance exercée par l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), la création de projets pilotes, rien ne semble y faire : la situation s'est très peu améliorée quant au respect des droits humains dans la filière de l'or brun... "Code de bonne conduite" L'association a envoyé un questionnaire détaillé aux 18 principaux chocolatiers concernant leurs relations avec les producteurs et les moyens mis en œuvre pour garantir une production responsable. Si la plupart se sont pliés à la demande et ont répondu de manière plus ou moins détaillée, l'association déplore l'absence de réponse ou le flou de celles-ci pour 6 d'entre eux, dont les plus importants tels que Nestlé et Barry Callebaut (n°1 mondial du chocolat produit dans le monde.) "Projets pilote" De plus, l'ONG reproche aux grands chocolatiers de reporter la faute sur les petits producteurs et les intermédiaires sans se remettre en cause. « L’industrie se cache derrière le financement de projets pilotes qui ont pour objectifs de modifier le comportement des cultivateurs, sans pour autant remettre en question leurs propres pratiques», s'indigne Andrea Hüsser, responsable de la campagne. Si les ONG entendent bien continuer à faire pression sur les chocolatiers en s'attaquant à leur image de marque et en informant les consommateurs, il y a aussi un autre argument qui ne peut laisser les industriels indifférents : celui de la qualité du chocolat. En effet, en s'obstinant à ne payer les producteurs qu'au minimum, ils les empêchent d'investir suffisamment dans les plantations qui ne peuvent se renouveler durablement. « Ils sont en train de couper la branche sur laquelle ils sont assis » commente Raphaël de Riedmatten, porte parole de DB, et de préciser : « la qualité de la fève produite décroit parce que le prix versé aux cultivateurs ne leur permet pas d'investir dans le renouvellement de leurs plantations. En Côte d'Ivoire, par exemple, la qualité commence à être déplorable. Je ne comprends pas les groupes comme Nestlé qui auraient pourtant les moyens d'agir. Des petites entreprises arrivent bien à produire du chocolat équitable, pourquoi pas eux ? » s'interroge-t-il.
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