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![]() Entreprises \Ressources humaines \Conditions de travailJO : la licence olympique loin des pratiques responsablesAlors que la flamme olympique entamait son parcours parisien, le Collectif de l'Ethique sur l'étiquette a lancé en France la campagne internationale PlayFair 2008. Objectif : faire pression sur l'industrie du sport, le Comité national olympique et les gouvernements pour que soient mieux respectés les droits des travailleurs chinois.
Alors que le parcours de la flamme olympique était marqué par les manifestations pro-tibétaines, un happening plus discret s’est tenu dans le 10ème arrondissement , à l’initiative du Collectif de l’Ethique sur l’étiquette. L’organisation, membre de la Clean Clothes Campaign, lançait en France la campagne PlayFair2008, en prévision des Jeux olympiques de Beijing. Lancé en 2004 pour les JO d’Athènes, ce mouvement international d’ONG et de syndicats poursuit le même but : sensibiliser l’opinion publique, faire pression sur les marques de sport, parmi lesquelles figurent les sponsors officiels des JO et interpeller, une nouvelle fois, le Comité international olympique (CIO). Lequel reste sourd aux appels répétés des ONG, qui mettent en cause sa responsabilité à travers les contrats de sponsoring et de licences avec les marques représentant un marché de 74 milliards de dollars. Beijing 2008 pourrait être en effet « l’olympiade la plus profitable de l’histoire ». D’après certains rapports, Adidas aurait dépensé 80 à 100 millions de dollars pour obtenir son contrat de sponsoring pour les Jeux olympiques. Le CIO a au total souscrit des contrats avec 11 sponsors internationaux pour une période de quatre ans jusqu’à 2008, pour une valeur de 866 millions de dollars. Conditions similaires aux sweatshops Dans les quatre usines visitées, le constat est à peu près le même : 13 heures de travail par jour, 7 jours sur 7, pas de journées de repos, une rémunération équivalente à 50% du revenu minimum chinois, des amendes infligées aux employés pour une minute de retard ou un temps de pause jugé trop long, un environnement insalubre et aucune sécurité. Des conditions comparables à n’importe quel sweatshop situé dans les provinces les plus reculées du pays… Sauf qu’en l’espèce, Mainland Headwear Holdings Limited, la plus grande et la plus rentable des entreprises ciblées par l’enquête, est implantée à Shenzhen, ville située en bordure de Hong Kong, dotée d’une des réglementations les plus strictes en matière de salaires et des sites de production les plus modernes au niveau national… « La direction de Mainland Headwear exige des employés qu’ils versent une caution de 100 yuans (environ 9,7 euros) et sont obligés de mentir lors des inspections d’usines. Dans certains cas, de faux documents sont délivrés aux travailleurs avant l’inspection pour tromper les inspecteurs ». Cette entreprise cotée en bourse compte parmi ses clients Warner Brothers, Reebok, Timberland, Fila ou encore Quicksilver. Elle dispose de la licence pour la fabrication des casquettes portant le logo des JO, mais aussi de l’exclusivité mondiale pour celles de la FIFA. "Audits" Autre exemple, l’entreprise taïwanaise Lekit Stationery Co. Ltd., dotée d’un grand site de production dans le sud de la Chine, est même certifiée ISO 9001. PlayFair a constaté que cette entreprise en plein essor (fournisseur de Filofax notamment) rémunère systématiquement ses salariés à un taux 50% inférieur au minimum légal en vigueur dans la zone, sans les déclarer et sans contrat. Elle emploie des enfants âgés de 12 ans, dont les horaires vont de 7h30 ou 8h00 du matin à environ 22h30. « Cet horaire à été modifié en une seule occasion. Suite à l’annonce d’un audit social par des inspecteurs externes, tous les enfants ont été affectés à des postes de travail hors de la vue des inspecteurs, dans l’entrepôt de l’usine », note le rapport. Le fabricant Yue Wing Cheong (licence pour les sacs portant le logo des JO), fournisseur de Disney, Nike, Reebok, Wal- Mart, Home-Depot, Burberry ou encore Dell, affiche sur son site internet que « les pratiques à l’échelle de l’usine et sur le plan des normes du travail font l’objet d’un examen annuel par des firmes d’audit indépendantes représentant plusieurs grandes sociétés des Etats-Unis, dont Disney, Wal-Mart et K-Mart Stores, pour n’en citer que quelques-unes ». Sur place, les enquêteurs de PlayFair ont en fait découvert que les pratiques actuelles de cette firme « ne valent pas mieux que celles pratiquées dans de nombreux ateliers de misère de la Chine, avec des salaires 64,6 % plus bas que les normes légale. Aucun jour de congé, et des horaires allant de 7h30 à 23h00 ». Pour autant, ces preuves accablantes n’ont pas permis, jusqu’ici, de faire évoluer les positions du CIO. La Charte olympique évoque certes une « approche responsable des problèmes d’environnement », mais reste silencieuse sur les questions sociales. « Le CIO refuse d’assumer la responsabilité pour la plus petite des adhésions aux normes fondamentales du travail dans la production d’articles de sport portant le logo olympique (…). Il a systématiquement favorisé une approche d’opposition et de rejet des demandes l’appelant à agir sur le plan de la surveillance et de pratiques responsables » soulignent les ONG. La notion même de responsabilité sociale des entreprises semble ici hors sujet. Malgré les engagements et les initiatives menées, les ONG constatent que « la RSE demeure largement inefficace en Chine ». Conditions précaires, systèmes de « vérification » dépassés et discrédités : les audits sociaux restent selon elles « futiles et facilement corruptibles ». En l’absence de liberté syndicale et d’association des employés, les audits « même les plus méritoires » semblent voués à l’échec, regrettent les ONG. Elles misent aujourd’hui sur l’opportunité des jeux olympiques, censés améliorer la situation des employés. Au moins font–elles apparaître leur face cachée.
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