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A Paris, l’hôtel Méridien Etoile affichait, ces deux dernières années, une augmentation significative de la durée et du nombre des accidents de travail concernant les 150 femmes de chambre de ce 4 étoiles. Sur cette catégorie de personnel, la durée moyenne d’un arrêt de travail atteint les 45 jours avec un taux de gravité (*) de 3,38 contre 1,47 pour l’ensemble des salariés de l’hôtel. Or une grande partie des arrêts résultent de TMS (Troubles Musculo- Squelettiques). Cette situation est d’autant plus préoccupante que la moyenne d’âge des femmes de chambre de cet hôtel, qui a 32 ans, dépasse les 55 ans. En 2005, la direction de l’hôtel a donc lancé une commission dédiée à l’amélioration des conditions de travail. Le CHSCT (Commission d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail), des représentantes des femmes de chambre, la gouvernante et le directeur ont conduit le plan d’action de cette commission qui a sollicité les conseils de la CRAMIF (Caisse Régional d‘Assurance Maladie Ile-De-France). Après une étude des postes de travail, les experts de la caisse ont livré un rapport proposant un mode opératoire. « Le métier de femmes de chambre est difficile. Nous avions déjà changé la literie en cherchant à l’alléger mais il nous fallait aller plus loin dans la prise en compte de l’ergonomie », estime Jean-Luc Cousty, le directeur de l’établissement.
Guerre des lits
Sur la base des travaux de la commission et des recommandations de la CRAMIF, 70 000 euros ont été investis dans des lève lits hydrauliques permettant de les rehausser à hauteur de la taille. Ces lève lits ont été installés sur les sommiers de 400 chambres équipés de grands lits simple. « Le lève lit s’adapte désormais à n’importe qu’elle type de literie. Il n’est en aucun cas incompatible avec les exigences de confort de nos clients », note Jean-Luc Cousty. En clair, rien n’empêche l’hôtel Méridien Etoile de participer à la surenchère sur les literies à laquelle se livrent les palaces et de plus en plus de 4 étoiles. Selon la fédération CFDT Hôtellerie Tourisme Restauration, l'initiative de l'hôtel Méridien Etoile est à suivre à l'heure où « les grandes chaînes hôtelières se livrent une « guerre des lits » avec des matelas de plus en plus lourds, des duvets de plus en plus épais et des oreillers et coussins de plus en plus nombreux. Victimes de charges de travail alourdies, d’accidents du travail et de troubles musculo-squelettiques, cette guerre des lits se fait littéralement « sur le dos » des femmes de chambre. » La solution du lève lit n’a, en revanche, pas été considérée comme adaptée pour les 600 autres chambres, pourvues de lits double, pour des raisons financières et techniques. En guise d’alternative, il été décidé de permettre une surélévation de 25 cm des pieds de lits. Le plan d’action de la commission ne se borne pas à plancher sur les lits. L’amélioration des conditions de travail passe aussi par des détails comme les plumeaux à manches télescopiques. Jean-Luc Cousty explique que « la commission est permanente. Nous sommes actuellement en réflexion pour optimiser l’organisation des plannings de travail afin de limiter le stress ». Un point essentiel quand on sait que chaque femme de chambre doit s’occuper de 16 chambre par jour. Il faut maintenant que la commission suive l’évolution des statistiques d’arrêts maladie de l’hôtel.
(*) Taux de gravité = nombre de journée indemnisées X 1 000, divisé par le nombre d'heures travaillées
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