Le secteur bancaire reste sourd face à l'offensive sur ses tarifs de l'UFC-Que Choisir

Entreprises \Pratiques commerciales

Publié le 05-10-2004

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L'enquête réalisée par l'UFC-Que Choisir sur les 8 principales banques françaises révèle le montant exorbitant des bénéfices qu'elles réalisent sur la facturation des services à leurs clients. L'association de consommateurs dénonce une inflation permanente des tarifs qui aurait conduit à l'exclusion de 5 à 6 millions de personnes du système bancaire et lance un ultimatum au entreprises du secteur. Si leurs tarifs ne sont pas revus à la baisse d'ici 40 jours, l'UFC-Que Choisir portera plainte devant les tribunaux. Une menace que les banques ont choisi d'ignorer.

Après avoir dénoncé le projet des chèques payants et la facturation des retraits dans les distributeurs, l'UFC-Que Chosir lance cette fois-ci une vaste campagne contre la multiplication des services payants et l'inflation des tarifs sur les retraits, les prélèvements et les virements. Les 8 banques étudiées ont réalisé 1,2 milliards d'euros de bénéfices sur ces trois moyens de paiement en 2003, dont 1 milliard pour les seuls virements. L'association a recensé 180 services payants, sur lesquels la marge bénéficiaire des banques peut atteindre jusqu'à 100 % (virements réalisés sur Internet par exemple). La facturation pour ces services apparaît sans commune mesure avec le coût réel, pour la banque, de ces opérations. L'UFC-Que Choisir

La Caixa obtient gain de cause contre la législation française

La Cour européenne de justice vient de déclarer illégale la législation française interdisant la rémunération des comptes bancaires. Elle a en effet estimé que cette interdiction portait préjudice aux activités des banques européennes implantées en France. L'affaire remonte à février 2002, lorsque la banque espagnole Caixa a voulu autoriser la rémunération des comptes de ses clients en France et qu'elle s'est heurtée à une interdiction édictée par la Commission bancaire française. Le Conseil d'Etat avait alors demandé à la Cour européenne de justice de se prononcer. Cette décision oblige l'Etat français à modifier rapidement sa législation, et il est probable que les offres de comptes rémunérés se multiplient dans un avenir proche.

accuse aussi les banques d'avoir, de concert, multiplié les frais parfois sans aucune justification à des prix totalement déconnectés des coûts : frais de retrait au guichet (7,50 euros au Crédit Lyonnais), frais de photocopie d'extrait de relevés (6,10 euros à la Banque Populaire), frais de réclamation non justifiée pour la carte bleue (35 euros à la BNP)... " Il ne fait plus de doute que les banques de détail ont conclu entre elles un pacte de non agressivité commerciale pour se garder la liberté de fixer des prix excessifs sans craindre la concurrence, liberté dont les consommateurs font lourdement les frais ! " conclut l'association.

Actions en justice

Cette stratégie de " l'inflation permanente " a eu comme autre conséquence, selon l'association, de contribuer à l'exclusion bancaire de 5 millions de personnes. " Après des années de négociations infructueuses, le temps de l'action est venu ", prévient l' UFC- Que Choisir, qui a démarré sa campagne par le lancement d'un ultimatum de 45 jours aux banques pour cesser la facturation des retraits aux distributeurs de billets et aux guichets, diviser par deux le prix des virements et restaurer la gratuité des prélèvements. Plus offensive que les précédentes, cette campagne est illustrée par un tract distribué à 1 million d'exemplaires, intitulé "Refusez le hold-up permanent sur votre compte bancaire", tandis que l'association demande au ministre des finances l'installation d'une autorité indépendante de régulation, sur le modèle de l'ART (autorité de régulation des télécoms). Enfin, l'association, qui dénonce une entente commerciale entre les banques sur leurs tarifs, a l'intention de saisir Conseil de la concurrence sur ce dossier. " Sans résultat concret au terme de l'ultimatum, l'UFC-Que Choisir mènera la bataille sur le terrain judiciaire et appellera à la mobilisation générale des consommateurs ", a-t-elle prévenu. Les assignations des banques en justice seraient déjà prêtes.
Le conflit risque, du reste, de s'envenimer. La Fédération bancaire française estime en effet  que " les banques françaises se livrent à une concurrence acharnée " et que " leurs tarifs se situent dans la moyenne européenne ".  Par conséquent, " les banques ne répondront pas à l'ultimatim de l'UFC-Que Choisir. " Contacté par Novethic, le groupe BNP Paribas déclare " ne pas vouloir s'exprimer sur le sujet " et indique simplement se rallier à la position de la fédération.  Le dialogue entre les banques et leurs parties prenantes -associations et  clients- est dans l'impasse.

Véronique Smée
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