Tourisme responsable : comment choisir ?

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Publié le 10-07-2007

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72% des français se disent intéressés par le tourisme responsable et 50% se disent prêts à acheter un voyage de ce type. Une demande en hausse qui cependant se heurte à un foisonnement de labels et d'initiatives. Entre tourisme vert, voyages solidaires et projets de développement, l'offre est aujourd'hui éclectique. Une première certification a vu le jour en France, celle de l'association ATR, rejointe depuis peu par Voyageurs du Monde.

Tourisme vert, tourisme équitable et solidaire, écotourisme, tourisme social… la demande est à la hausse et incontestablement, le tourisme alternatif se développe. Beaucoup de petites agences et d’associations proposent aujourd’hui aux voyageurs « responsables » de contribuer au développement local des pays émergents. En France, l’Association du tourisme équitable et solidaire (ATES) rassemble 16 associations spécialisées dans les voyages solidaires dans 40 pays, l’association française d’écotourisme (AFE) fédère celles qui proposent des services respectant l’environnement et l’association Agir pour un tourisme responsable (ATR), réunit quand à elle 15 voyagistes, pour la plupart issus du tourisme d’aventure, qui ont élaboré la première certification du secteur en France (Allibert, Atalante, Voyageurs du Monde, Terre d’aventure, Nouvelles frontières…). ATR –dont les membres affichent 270 000 clients pour 270 millions d’euros de chiffre d’affaires- a élaboré avec l’AFNOR les différents critères qui couvrent la transparence de l’offre, le respect de l’environnement, l’emploi, le développement local et le respect des populations et des cultures. « Nous assurons la transparence des prix en indiquant par exemple le montant des pourboires, obligatoires dans certains pays mais jamais mentionnés dans le prix du voyage, explique Yves Godeau, président d’ATR. Nous affichons également les prix TTC, incluant les taxes d’aéroport et le prix du carburant, ce qui n’est pas souvent le cas ailleurs ».  Cette certification concerne exclusivement les pratiques des opérateurs en France : « Il est impossible de certifier l’ensemble des prestataires à travers le monde, mais elle garantit que les voyagistes s’engagent dans des pratiques professionnelles responsables et qu’ils respectent un pourcentage d’emplois locaux (au moins 60% des voyageurs sont accompagnés par du personnel local), un salaire minimum et une formation impliquant un transfert de compétences. Les opérateurs s’engagent aussi à informer les touristes sur la culture locale et les comportements à avoir».
 La vérification de ces engagements est assurée par l’AFNOR, au moyen d’un questionnaire de satisfaction diffusé auprès des clients. Si le taux de satisfaction se situe en dessous d’un niveau déterminé, l’opérateur n’obtient pas la certification. « Notre métier est sur la sellette, reconnaît Yves Godeau. Nous sommes une cible privilégiée des associations de consommateurs, la certification nous permet d’en sortir ».

Un secteur en forte croissance
-Le nombre de touristes (800 millions en 2005) a doublé ces 15 dernières années et devrait à nouveau doubler d’ici 2020.
- Le bassin méditerranéen concentre à lui seul 25% des capacités mondiales d’hébergement.
- Une dizaine d’îles concentrent près de 80% des 70 millions de touristes séjournant en milieu insulaire.
- C’est la plus importante ressource pour 34% des pays en développement, et l’une des trois principales ressources pour 83% d’entre eux.
- Sur 100 euros dépensés par un touriste via un tour opérateur, seuls 20 euros restent dans les pays du Sud, les 80 euros restant reviennent aux pays du Nord
- L'écotourisme connaît une progression de 20% par an dans le monde.

Il croît peu, en revanche, à un impact sur le chiffre d’affaires des opérateurs certifiés. « Cette démarche permet surtout de rassurer les clients et de les conforter dans leurs choix, mais elle ne fait pas gagner plus que les 5 à 6% du marché que nous représentons », conclut-il.

Face à une offre très diverse et souvent « autoproclamée » responsable, les voyageurs indépendants peuvent créer leur propre voyage avec le guide publié par Lonely Planet, ou aller sur le site voyagespourlaplanete.com, qui a sélectionné des hôtels, des « écolodges », et des tours opérateurs via l’Association Française d’Ecotourisme. Respect de l’environnement, contribution à l’emploi et au développement local font partie des critères des 70 destinations proposées.

Reste qu’il est souvent difficile de reconnaître les vraies offres responsables de celles qui affichent un simple code de conduite. Anne Vigna, Présidente de l’association EchoWay qui promeut l’écotourisme et le tourisme solidaire, met en garde contre les dérives du greenwashing et du marketing vert. « En Amérique centrale, région pionnière en écotourisme, l'activité prend un tournant dangereux et répète les mêmes erreurs que le tourisme de masse. Pire ! L'appellation écotourisme permet de légitimer une privatisation encore plus effective et rapide des ressources naturelles que ne l'offrait déjà le tourisme classique », explique –t- elle dans un article intitulé « Les charlatans du tourisme vert » (Le monde diplomatique, juillet 2006). L’association fournit des ressources en ligne sur les « vraies » offres de tourisme, alimentées par les témoignages de voyageurs et d’ONG locales, qui décernent également des « cartons rouges » aux projets peu respectueux des populations et de l’environnement.

Véronique Smée
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