Notes sociales et environnementales pour des produits allemands

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Publié le 16-08-2004

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La fondation berlinoise, Stiftung Warentest, a développé ses propres méthodes d'évaluation sociale et environnementale qu'elle applique sur des produits bien définis et non des branches industrielles ce qui constitue une information supplémentaire pour le consommateur. L'organisation de défense des consommateurs adopte une démarche jusque-là réservée aux agences de notation pour mieux sensibiliser les consommateurs.

"Si nous examinons la marque de lessive Persil, c’est pour montrer ce que fait l’entreprise Henkel. Si nous examinons la marque de lessive Ariel, c’est pour montrer ce que fait Procter & Gamble. Nous informons des activités sociales et environnementales d’une entreprise précise, et non d’une branche industrielle comme peuvent le faire les agences de notation ", souligne Peter Sieber, membre du directoire de la Stiftung Warentest en charge de l’élaboration de la grille d’évaluation socio-environnementale. La définition des critères sociaux et environnementaux a été emprunté aux organisations internationales comme l’Organisation Internationale du Travail (OIT) ou aux grandes références comme le Global Compact des Nations unies, voire des standards reconnus comme la norme ISO 14 000.

En tout près de 40 critères ont été définis : conditions de travail chez les fournisseurs, paiement des heures supplémentaires, représentation syndicale, travail des enfants, pour citer les plus importants. Ces critères sont ensuite appliqués à trois produits différents : les blousons « outdoor », pour le secteur textile, le saumon, pour l’industrie alimentaire et la lessive, pour l’industrie chimique. « On apprend des choses assez surprenantes », note, un brin railleur, Peter Sieber. « Le saumon de Norvège a bien été élevé en Norvège. Mais la préparation et l’emballage du saumon, par contre, a été fait en Chine, pour ensuite revenir en Europe ».

Tout comme la définition des critères, la méthode d’évaluation demeure propre à la Stiftung Warentest. Dans un premier temps, la fondation rassemble ses informations par voie de questionnaires auxquels s’ajoute par la suite une visite par les enquêteurs de la fondation à l’entreprise ciblée. Celle-ci doit fournir la preuve de ses déclarations faites dans le questionnaires. Pour compléter la démarche, l’équipe de la Stiftung Warentest confronte l’information fournie, ou non, par l’entreprise, avec des sources d’information extérieures (revue de presse, ONG, etc...). La démarche finale aboutit à la rédaction par les journalistes de la fondation d’une description la plus adéquate possible de l’entreprise ciblée, destinée au mensuel publié par la fondation. « Une telle démarche nécessite un effort financier très important, c’est pourquoi nous nous sommes concentrés sur ces trois produits. Et nous comptons bien sûr avoir un écho positif des consommateurs » espère Peter Sieber . 

Trois types de consommateurs seront susceptibles, d’après lui, de réagir à ce  « complément d’information » : une tranche relativement aisée déjà sensibilisée aux questions du commerce équitable, une autre tout aussi aisée mais encore insensible à ces questions par manque d’informations fiables, et enfin celle de la génération montante de futurs trentenaires. « Les plus jeunes se montrent très, très sensibles à ces questions. Maintenant, bien sûr qu’ils n’ont pas encore le pouvoir d’achat correspondant. Mais, dans dix ans, c’est cette génération qui va prendre le relais. Aussi, l’information que nous allons publier tombera sur un terrain fertile », se réjouie Peter Sieber.
La Stiftung Warentest veut aller plus loin que la sensibilisation des consommateurs en misant sur l’effet de mimétisme. Qu’une entreprise récalcitrante en matière de comportement social voit sa concurrente bénéficier d’une image positive auprès des consommateurs devrait l'inciter à suivre son exemple. Peter Siebel résume : « Si nous pouvions amorcer le début d’un mouvement pour une nouvelle forme de consommation, ce serait déjà bien ».
Claire Stam
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