Novethic : le media expert du développement durable |
![]() |
![]() Entreprises \Pratiques commerciales \ProduitsNanotechnologies : trop d'incertitudes ?Houleux, le débat public lancé en octobre 2009 sur les nanotechnologies s'est achevé le 23 février… sur Internet. La commission nationale du débat public a en effet stoppé les réunions publiques, après les manifestations hostiles de certaines associations, qui dénoncent la dimension non démocratique du débat. Au cœur de la polémique, les aspects éthiques, sociaux et environnementaux des « nanos » font l'objet de vives tensions.
Traçabilité, étiquetage, gouvernance, toxicité… Les questions fondamentales que posent les nanotechnologies n’ont pas fini d’alimenter les conflits entre scientifiques, industriels, syndicats et associations ; comme en témoigne le débat national* sur les nanotechnologies. Perturbées par des manifestants dans plusieurs villes, les réunions publiques ont été annulées et remplacées par un débat interactif sur Internet. L’association « Pièces et Main d’œuvre », qui se définit comme un « Atelier de bricolage pour la construction d’un esprit critique à Grenoble » explique : « Nous avions appelé au boycott et au sabotage de la campagne de promotion du nanomonde par la CNDP [Commission nationale du débat public]. L’échec de cette mascarade est une bonne nouvelle. Les dispositifs d’acceptabilité et de "démocratie technique" ont été démasqués et défaits » Lacunes de la recherche scientifique sur les risques Comment en est-on arrivé là ? L’absence de réglementation et le manque de recherches toxicologiques sur les impacts des nanotechnologies expliquent en partie les vives tensions engendrées par leur développement, dans de nombreux secteurs. Des centaines de produits quotidiens y compris alimentaires, contiennent en effet -et depuis quelques années- des nanoparticules, sans que leurs effets sur l’environnement et la santé n’aient pu être établis, et sans que consommateur n’en soit informé. Jean-Luc Moncel du Laboratoire de Physique des Interfaces et des Couches Minces de l’École Polytechnique, a confirmé le 26 janvier 2010 « qu’une étude démontrait que sur 110 000 publications portant sur les nanoparticules au plan médical, seulement 1 à 5 % étaient consacrées aux risques des nanoparticules sur la santé ». Bilan du débat
Le bilan de la CNDP a retenu les thématiques les plus récurrentes dans les positions des acteurs et du public : la question d’un moratoire, les usages des nanotechnologies et leurs finalités, la question des risques et de leur prévention, l’encadrement éthique des nanotechnologies, le mode de gouvernance.
Vide réglementaire En attendant un hypothétique étiquetage des nanos-aliments et des recherches plus poussées, plusieurs ONG demandent un moratoire, en particulier pour l’alimentation et les additifs alimentaires. France Nature Environnement demande également une interdiction pour l’agriculture, la construction ou encore les produits ménagers… « C’est un moratoire temporaire pour nous. A partir du moment où la recherche et les études auront prouvé que ce n’est pas toxique ou qu’il y a des modes d’emploi à respecter pour que cela ne contamine pas l’être humain et les milieux, France Nature Environnement laissera le champ libre dans ces domaines-là ». Une condition semble-t-il, pour éviter le « syndrome OGM » c'est à dire le rejet d’une technologie par une écrasante majorité du public.
|
|
|||||||||