L'environnement représente 2 % du nombre total des interventions de l'ANVAR

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Publié le 07-01-2004

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Une croissance lente mais régulière : c'est ainsi que Marc Dufau, chargé de l'environnement et de l'énergie à l'ANVAR (Agence nationale pour la valorisation de la recherche), caractérise le marché des éco-entreprises. Faute d'une bonne connaissance réciproque des acteurs du marché, les projets peinent à se concrétiser.

À quel moment intervient l’ANVAR dans le processus de soutien aux entreprises innovantes ?
Marc Dufau : Nous ne finançons pas la recherche fondamentale. Nous intervenons au stade de la recherche appliquée, du développement de prototypes, de pilotes, d’essais jusqu’à l’industrialisation d’un produit, d’un procédé ou d’un service. Nous nous positionnons donc sur ce créneau intermédiaire. De fait, nous touchons un grand nombre de PME. Il est vrai également que, à l’échelle nationale, les fonds d’investissement sont relativement pauvres dans ce secteur. Reste alors cette part de financement public qui intéresse les jeunes pousses. Elles sont d’autant plus intéressées que nous ne nous contentons pas de les financer : nous les accompagnons et nous les conseillons dans le montage de leur projet.

Quelles sont les caractéristiques de ces entreprises innovantes de l’énergie et de l’environnement que vous soutenez ?
Marc Dufau : Elles se positionnent fortement sur les services appliqués à l’environnement : outils d’aide à la décision via des systèmes informatisés par exemple, outils d’aide à la gestion de flux ou de déchets… Les outils de mesure, d’analyse, de contrôle et de surveillance de l’environnement occupent également une position centrale dans le secteur. Depuis deux ans, nous observons également la percée des bio-technologies appliquées à l’environnement.

Au sein de l’ANVAR, quel est le poids des secteurs de l’énergie et de l’environnement ?
Marc Dufau : Pour bien comprendre, il faut savoir que pour l’année 2002, 4 227 projets ont été soutenus par l’ANVAR, tous secteurs d’activités confondus, pour un montant de 301,13 millions d’euros. Le secteur de l’environnement représentait 103 projets pour 6,8 millions d’euros, soit 2 % du nombre total des interventions de l’ANVAR et 2,3 % des montants accordés. Pour 2003, il est difficile de donner des chiffres, mais il est certain que la part du secteur environnemental ne va pas passer à 20 % d’aides. Par rapport à l’activité globale de l’ANVAR, il s’agit de secteurs qui restent limités. Le secteur de l’énergie a même connu une baisse significative : le volume des projets soutenus en 2002 était en baisse de 22 % par rapport à 2001, et le montant des aides a chuté de 30 %.

Cela signifie-t-il que l’innovation est peu présente dans le domaine environnemental ?
Marc Dufau : Non, car nous ne voyons finalement le secteur que par un seul côté. L’ANVAR ne capte pas l’ensemble des éco-entreprises et des innovations en matière d’environnement. Un nombre certain de porteurs de projets ne connaît pas l’ANVAR, malgré les efforts déployés pour nous faire connaître dans les régions. D’autre part, les outils que nous proposons peuvent ne pas convenir à certaines jeunes entreprises. Mais il ne faut pas oublier qu’en matière de recherche et de développement, les initiatives sont nombreuses en France. Le bât blesse plutôt au niveau du transfert des technologies ou de la phase de pré-industrialisation possible lorsque la technique est mise au point.

Vous parliez d’une chute des projets liés à l’énergie, comment l’expliquez-vous ?
Marc Dufau : Il s’agit là d’un effet très conjoncturel qui s’explique par le fait que, en 2002, nous étions en plein débat national sur l’énergie. Les industriels n’avaient pas vraiment de visibilité sur les décisions politiques, notamment les choix de financement de certaines filières. D’autre part, 60 % des leaders de ce secteur sont de grands groupes. Ce sont autant de projets que nous ne voyons pas passer. La recherche et le développement s’effectuent donc dans les filiales de groupes industriels. L’ouverture du marché de l’énergie a également joué : ces groupes resserrent les boulons. Ce qui a un impact dans un second temps sur les PME.

Quel est le montant moyen d’un projet lié à l’environnement 
Marc Dufau : Le montant moyen de projets en environnement et énergie avoisine les 200 000 euros. Nous sommes bien loin des montants de projets que l’on peut voir passer dans d’autres secteurs.

Comment voyez-vous évoluer les projets à l’avenir ?
Marc Dufau : Le secteur est prometteur tant les problématiques sont nombreuses : identification des sites pollués et des sites orphelins, techniques de dépollution des sols… Dans le domaine de l’énergie, tout reste à faire en matière photovoltaïque. Il faut dire que, à l’inverse des biotechnologies, nous ne voyons pas poindre régulièrement des innovations dites de ‘première mondiale’. Les projets se situent davantage dans l’optimisation de procédés. Pour autant, nous ne sommes pas dans un secteur mou, loin de là. La croissance est molle mais continue et régulière.

Propos recueillis par Yannick Arrieux (Filigrane Press)
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