L'écoconception a le vent en poupe

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Publié le 11-01-2005

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Le projet énergie d'échange
Le projet énergie d'échange

Les exemples de promotion et de sensibilisation à l'innovation responsable et l'éco-conception, qui recouvre la réduction des impacts environnementaux tout au long du cycle de vie d'un produit se multiplient, révélant des visions diverses. Du concours de design intitulé « Voyager dans un monde durable », lancé par Saint-Etienne Métropole au programme européen sur l'éco-conception dans le secteur de la Plasturgie, les stratégies sont diverses mais l'objectif est le même : réduire les impacts environnementaux des produits.

En 2004, la deuxième édition du Concours international de design, Utopia 2.0, lancé par Saint-Etienne Métropole a réuni des designers du monde entier, invités à imaginer «ce qu’ils pourraient faire pour changer la planète», eux qui sont «à la source des produits». 1262 étudiants et professionnels de 80 pays ont planché sur le thème « Voyager dans un monde durable ». Les projets primés ont révélé deux choses intéressantes. Tout d’abord, l’engouement massif des étudiants en design (2/3 des inscrits) pour une approche écologique liée au développement durable de leur métier et ensuite leur appréhension très concrète d’un produit durable. « Les designers professionnels ont eu du mal à conjuguer innovation, voyage et monde durable, ils ont surtout entendu utopie dans Utopia 2.0, témoigne Laureline Schwarz, consultante pour Saint-Etienne Métropole. Les étudiants semblent plus en phase avec ces préoccupations de leur temps. Au sein du jury même, la notion de responsabilité du designer a divisé, certains, certes minoritaires, la remettant en cause. »
 
Désign et besoins essentiels

Les projets primés reflètent ce débat et ce décalage. Dans la catégorie « professionnels », le premier prix a été décerné au "toboggan aérien" du Français Franck Vial, transport aérien futuriste non motorisé, et le deuxième prix à la gourde "Marketing durable" du Français Daniel Thomas, poche d’eau inspirée des poches de sang utilisées dans le milieu hospitalier, pour alerter les touristes sur la fonction vitale de l’eau dans les pays qu’ils visitent. « Le premier projet est écologique mais relève de l’utopie, et le second est positif mais pas très durable si on considère la production des poches en plastique. »  Les étudiants, maitrisent mieux la notion de besoins essentiels comme l’eau et l’énergie. Deux Israéliens ont été primés dans cette catégorie, Alon Alex Gross pour sa tente "Fog and Dew collector", prototype de tente récupérant la rosée pour faire des réserves d’eau et Ori Ben Zvi, pour son projet "Energie d’échange", un petit module d’énergie solaire portatif permettant de restituer, collecter et partager l’énergie au cours d’un voyage.

De l’éco-conception à la remise en cause du produit

Autre initiative, autre vision de l’innovation responsable. Le nouveau programme européen Eco Design Interactive System (EDIS), lancé à l’automne 2004, a pour originalité une approche multi-filières de l’éco-conception, puisqu’il réunit la Fédération de la Plasturgie, la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication, la Fédération des industries mécaniques, la Fédération des industries des équipements pour véhicules. 25 partenaires de 6 pays européens (fédérations, PME, centres de recherche) se sont associés dans ce programme de trois ans (soutenu par la Commission européenne) qui vient poursuivre un précédent programme EDIT portant sur l’éco-conception des composants plastiques dans l'automobile (voir lien vers le site Internet).
Doté d’1,7 millions d'euros, EDIS comporte trois axes majeurs : définir les systèmes de gestion de données environnementales, établir une méthodologie d'éco-conception en se basant sur la norme ISO 14 062 (liée à l’intégration de critères environnementaux dans la conception d’un produit ou service), et surtout sensibiliser les PME/PMI, soumises à la pression grandissante des donneurs d’ordre. Divers secteurs sont associés dans ce programme de recherche (emballages, construction, automobiles...) et le recours à l’éco-conception est justifié par la nécéssité de se préparer au durcissement des règlementations européennes. « L’anticipation de réglementations de plus en plus strictes, explique Jean-Yves Burgy, coordinateur développement durable au sein de la Fédération de la Plasturgie. Le premier stade, auquel sont la plupart des grandes entreprises, est une réponse a minima, car elles savent toutes qu’elles doivent y aller, la question étant à quel rythme... Le deuxième stade consiste à aller au-delà pour trouver dans l’éco-conception un véritable argument économique.» L'approche encore rare aujourd’hui peut pousser certaines entreprises à passer de l’éco-conception d’un produit à sa remise en question. « L’éco-conception peut mener loin, confirme avec enthousiasme Jean-Yves Burgy. On peut réaliser par exemple que le produit peut-être consommé différemment, et créer une réelle rupture en optant pour la dématérialisation, telle que la location du produit. Aujourd’hui, très peu d’entreprises sont dans cette démarche... »

Sylvie Touboul
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