Ford ne détruira pas ses véhicules électriques Think

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Publié le 15-09-2004

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Greenpeace-Norvège a gagné sa bataille contre Ford. L'organisation écologiste a lancé, en août, une campagne pour empêcher le constructeur américain de détruire son stock de véhicules électriques dont il arrête la production. En Norvège, où ses voitures étaient fabriquées, il y avait une liste d'attente d'acheteurs. Ford a adressé un courrier au ministre des transports norvégien, pour annoncer qu'il stoppe la destruction de ses véhicules électriques Think stockés en Californie et réfléchit à une solution de retour des véhicules dans leur pays d'origine.

Dans sa lettre, envoyée le 27 août au ministre des transports de Norvège, le constructeur automobile annonce qu'il stoppe immédiatement toute opération de destruction des véhicules électriques Think stockés en Californie. Ce courrier est l'aboutissement d'une campagne lancée par Greenpeace en Norvège. Retour sur une aberration environnementale concernant des véhicules propres.

Le véhicule électrique Think a été fabriqué en Norvège et proposé, en location-vente, dans l'Etat de Californie dès 2001 où une loi de 1998 obligeait les constructeurs à mettre sur le marché 2 % de leurs voitures zéro pollution (ZEV's). Le chiffre aurait du atteindre 10 % en 2003, mais sous la pression des constructeurs automobiles, General Motors en tête, la loi a été revue et corrigée. Les véhicules hybrides et à pile à combustible ont été ajoutés dans ces dispositions. C'est sur la base de cet " assouplissement " législatif que Ford a décidé de stopper sa production et de rappeler les 440 véhicules en circulation Think pour les détruire.

Pour le constructeur, laisser en circulation la Think serait contre-productif et coûteux puisqu'il lui faudra assurer entretien et service après vente. Le constructeur automobile dit préférer investir dans des technologies plus prometteuses comme le moteur hybride et surtout celui à hydrogène. Il invoque ces nouvelles technologies pour justifier une destruction peu respectueuse de l'environnement . L'argument a de quoi surprendre. D'autant qu'un distributeur norvégien, Elbil Norge, propose la somme d'1 million de dollars pour reprendre ces véhicules jugés très écologiques et économiques par les conducteurs norvégiens inscrits sur liste d'attente !

L'hydrogène préféré à l'électrique

Ford est donc revenu sur sa décision, tout au moins pour les véhicules stockés en Californie. Il y en a d'autres en Grande- Bretagne sur lesquels Greenpeace veille.  Car, comme l'explique Truls Gulowsen, de Greenpeace Norvège, cette anecdote est l'arbre qui cache la forêt : " Si Ford veut réellement produire en masse des véhicules zéro emission, il devrait arrêter de se cacher derrière le moteur à hydrogène qui n'en est qu'au stade des essais. Pendant ce temps, Ford continue de produire en nombre des véhicules à essence polluantes et consommatrices d'énergies fossiles. Il devrait faire ce que Henry Ford aurait sûrement fait, améliorer sans cesse l'efficacité énergétique et généraliser la production de véhicules propres déjà disponibles aujourd'hui, tels que les véhicules électriques, au lieu de les détruire. "

Sylvie Touboul
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