Google censure sa version chinoise, RSF proteste
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Publié le 31-01-2006
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Google a annoncé, le 25 janvier, le lancement de google.cn. Destiné à améliorer le service offert à ses clients chinois , il a la particularité de ne pas permettre aux internautes d'accéder à des informations sur le Tibet, la démocratie ou les droits de l'homme en Chine. Reporters Sans Frontières condamne vigoureusement dans le cadre de sa campagne de défense de la liberté sur Internet qui mobilise des fonds d'investissements.
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Reporters sans Frontières a étendu son combat pour la liberté de la presse et de l'information à Internet. Les géants du secteur sont aujourd'hui dans sa ligne de mire parce qu'ils acceptent de se plier, plus particulièrement en Chine, aux règles de censure locales. Cela les conduit soit à interdire l'accès à certains contenus, soit à fournir des informations qui permettent aux autorités d'identifier, d'arrêter et de condamner à de lourdes peines de prison ceux qui utilisent Internet pour défendre la démocratie. RSF liste les pratiques de censure que les entreprises concernées justifient par le respect de la loi locale. " En avril 2005, Yahoo! a livré à la police chinoise des informations sur l'un de ses clients, un journaliste démocrate du nom de Shi Tao, qui utilisait son service mail. Il a été condamné à dix ans de prison sur la base de ces informations. Microsoft censure la version chinoise de son outil de blog, MSN spaces, selon une "blacklist" fournie par Pékin. Impossible de taper " indépendance du Tibet ", ni même " droits de l'homme en Chine ". Ces combinaisons de mots sont automatiquement rejetées par le système. Dernier exemple, Cisco Systems, qui a bâti toute l'infrastructure Internet de la Chine, est accusé d'avoir fourni aux services de sécurité chinois des équipements leur permettant de surveiller les internautes. " Robert Ménard, secrétaire général de Reporters Sans Frontières et Julien Pain,responsable du bureau Internet et libertés expliquent, de concert leur stratégie : "Nous avons tout d'abord tenté d'écrire aux PDG de Google, Yahoo! et Microsoft pour leur demander d'engager une réflexion sur leurs fourvoiements éthiques. Tous nos courriers sont restés sans réponse. Nous avons donc alerté la presse, persuadés que ces sociétés, soucieuses de préserver leur image de marque, seraient sensibles à la pression médiatique. Nous nous trompions. Malgré les centaines d'articles publiés sur le sujet dans la presse internationale, elles sont restées muettes. Nous avons alors pris contact avec leurs actionnaires, au travers de fonds d'investissement. " En novembre dernier, 25 fonds d'investissement ont signé la déclaration sur la liberté d'expression et Internet, lancée par Reporters Sans Frontières (RSF). L'objectif est de placer sous surveillance les entreprises de ce secteur, complices de violation des droits de l'homme. L'association a réussi à convaincre des fonds américains, canadiens et australiens qui gèrent ensemble 21 milliards de dollars mais aucun Français (voir article lié). Ce mode d'action semble porter ses fruits. Trois mois après son lancement, l'initiative a gagné trois nouveaux adhérents ce qui porte le total des avoirs de cette coalition à 22 milliards de dollars. Elle espère le ralliement d'un grand fonds de pension américain qui lui permettrait d'engager un véritable rapport de forces avec les sociétés visées. En revanche les signataires français se font toujours attendre. L'objectif de la campagne est au moins de faire adopter un code de déontologie sur la base du volontariat. Si cela ne suffit pas, RSF propose un texte plus contraignant " Il existe déjà des normes internationales sur la corruption, une charte interdisant le travail des enfants, des textes prohibant la vente d'armes à certains pays. Pourquoi pas une régulation obligeant les entreprises à respecter la liberté d'expression, même lorsqu'il s'agit d'internautes chinois ou iraniens ? " interrogent Robert Ménard et Julien Pain.
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A.C.Husson-Traore
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