|
La société BP a engagé la construction d'un pipeline reliant les champs pétrolifères de la mer Caspienne à la Méditerranée. Afin de se prémunir des différents risques géopolitiques et financiers pesant sur ce projet, le groupe pétrolier a sollicité l'octroi d'une garantie sous forme de crédit export au gouvernement britannique. Le pipeline passe en effet dans certaines régions instables comme la Georgie.
Amnesty a exprimé ses craintes sur les conséquences qu'auraient les termes de l'accord cadre négocié entre le gouvernement turc et le consortium dirigé par BP. Le contrat prévoit notamment le versement d'importantes indemnités en cas de retard de construction ou de problèmes lors de l'exploitation du pipeline. L'ONG considère que ces dispositions n'inciteront pas le gouvernement turc à protéger les droits de l'homme sur l'ensemble du tracé. "Les accords légaux signés entre le gouvernement turc et le consortium créent dans les faits un "couloir libre de droits" sur le tracé du pipeline et cela au détriment des droits de l'homme des milliers de personnes vivant dans la région" estime Chris Marsden, le directeur corporate d'Amnesty UK. "Il est inacceptable qu'une société comme BP, qui se dit socialement responsable, encourage un gouvernement à aliéner sa capacité à garantir les droits de l'homme de ses citoyens," ajoute-t-il.
Cet appel d'Amnesty fait suite aux craintes exprimées par certains groupes environnementaux sur les risques de catastrophe écologique que pourrait provoquer le pipeline. Il traverse des zones à très haute activité sismique.
|