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Conseils pour une communication éco-responsable

Entreprises \Pratiques commerciales \Marketing responsable

Publié le 24-05-2005



Choisir un papier plus écologique, préférer les supports électroniques aux impressions systématiques, poser des moquettes réutilisables dans un stand, faire des choix graphiques plus écologiques... voila quelques uns des actes simples, recensés dans un guide très détaillé et pratique, que l'ADEME propose aux professionnels de la communication qui veulent être éco-responsables.

La réalisation, la diffusion de plaquettes ou l'organisation de manifestations sont des activités de communication consommant de grandes quantités de ressources naturelles (énergie et eau

Mobilisation médiatique
TF1 et les éco-gestes
La fondation Nicolas Hulot et l’Ademe ont lancé, le 24 mai, une grande campagne «Défi pour la terre». L’objectif est de faire adopter des éco-gestes par le plus grand nombre de citoyens possibles. Pour mesurer l’impact de la campagne, un compteur est lancé qui enregistre le nombre de personnes qui s’engagent à changer de pratiques et mesure l’impact de ces actions, en terme de réduction d’émission de gaz à effet de serre.
Pour participer : http://www.defipourlaterre.org
Nouveauté : cette mobilisation sera relayée dans les bulletins météo de TF1 qui feront état du compteur pendant la semaine du développement durable, du 30 mai au 5 juin.

France 2 et les pics d’ozone
Les téléspectateurs, rivés sur les bulletins météo de France 2 et France 3, seront sensibilisés par le biais des pics d’ozone. Le groupe France Télévisions a signé, le 18 mai, une convention de partenariat avec le ministère de l’écologie pour  diffuser des cartes de prévisions des pics d’ozone. Elles seront diffusées dans les bulletins météo du soir quand un phénomène persistant de pollution par l’ozone sera prévu, sur plusieurs régions. L’objectif est d’inciter les populations à adapter leur comportement en conséquence.

pour la production de papier et d'emballages...). Elles génèrent aussi de nombreux déchets (20 % des déchets d'un salon professionel sont constitués de dépliants, jetés par les visiteurs quelques instants après avoir été retirés sur les stands). Elles utilisent des produits toxiques (encres, solvants...)et engendrent une pollution liée au transport de personnes et de marchandise...
Le guide intitulé " Eco-Communication : vers une communication plus éco-responsable " que vient de faire paraître l'ADEME identifie tous ces impacts, à chaque étape d'une opération de communication, et propose des solutions concrètes et réalisables pour limiter les conséquences environnementales de cette activité. Il est important que le secteur tertiaire se sente tout aussi concerné que les secteurs industriel ou agricole.
Le premier mérite de ce guide semble être de poser aux professionnels (donneurs d'ordre dans les institutions et dans les services de communication d'entreprises, agences de communication...) une série de questions auxquelles ils pensent rarement : " Quel support utiliser, électronique ou papier ? Quels choix graphiques ? Comment choisir un papier plus écologique ? Comment éco-concevoir un stand ou une manifestation ? " 
Le guide propose un point d'information sur la qualité écologique des produits, avec présentation des labels existants. La première partie est consacrée aux choix en matière de conception et d'impression; la seconde est dédiée aux outils pratiques pour "penser écologiquement" une manifestation (matériaux du stand, ingrédients d'une collation...). Enfin, une troisième partie aborde la communication portant sur ces actions et leurs résultats, au travers de déclarations environnementales sur lesquelles l'ADEME donne des conseils.
Antoine Bonsch, ingénieur au sein du département Eco-conception de l'ADEME en explique l'importance : " Nous savons que les entreprises et collectivités seront d'autant plus intéressées par l'éco-communication qu'elles pourront communiquer dessus. C'est un vecteur opportun et un cercle vertueux, dans la mesure ou, en constatant la faisabilité de l'éco-communication, les entreprises peuvent être sensibiliser aux achats éco-responsables pour leurs photocopieurs, leurs luminaires, etc...C'est une porte d'entrée importante vers les achats responsables. "

Un guide exemplaire

Le guide est proposé en ligne dans une version téléchargable et imprimable, avec des conseils pour une éco-impression. L'ADEME s'est appliquée à elle-même ses recommandations. Mise en page optimisant le nombre de pages du document imprimé, graphisme limitant les aplats de couleurs, donc l'utilisation d'encres, l'imprimeur remplissant des critères environnementaux, encres à base végétales et papier éco-certifié employés, enfin, nombre d'exemplaires papier limité à 5 000, et document accessible intégralement et gratuitement sur Internet. A ce jour, 2 000 exemplaires ont été distribués, 1 500 personnes se sont connectées sur le site dédié, et l'ADEME espère associer les syndicats professionnels.

Limiter les volumes ?

Si le guide de l'ADEME engendre une prise de conscience de la profession, elle sera limitée à la "forme" qu'il propose de rendre plus écologique. Il reste le fond, c'est à dire le rôle de la communication dans la protection de l'environnement par exemple. Qu'en est-il d'opérations comme Stop Pub, visant à diminuer la distribution de courriers publicitaires non adressés dans les boîtes aux lettres de messages publicitaires plus eco-responsables ? Le guide ne mentionne pas ces problématiques. Sauveur Fernandez, fondateur de l'agence de communication et innovation responsable Econovateur, trouve le guide bien fait mais parfois idéaliste :"On pourrait à la limite faire facilement du "greenwashing" en vendant des produits "normaux" avec ces recommandations ".

Pour transformer les pratiques en profondeur, il y a d'autres actions en cours. Pour limiter les documents publicitaires distribués dans les boîtes aux lettres, il y a l'opération "Stop Pub", menée par le ministère de l'Ecologie et du Développement durable en 2004 (3 millions d'autocollants diffusés) ou celle de l'agence de communication environnementale "Univers nature" (172 000 kits diffusés). Cette dernière tire un bilan assez positif de sa démarche. Selon une enquête de satisfaction, elle chiffre à 50 % la diminution de prospectus indésirables. L'action se poursuit pour "mettre la pression". Côté ministère, le bilan de l'opération ne sera rendu public qu'en octobre prochain, au cours des deuxièmes rencontres nationales de la prévention des déchets, mais, d'ores et déjà, le caractère "emblématique" de la démarche semble concluant. Cette diminution a un impact sur l'activité de l'imprimerie, comme le note Sylvain Pasquier, de la Direction des déchets et des sols de l'ADEME : " Alors que le tri de nos déchets a généré des activités nouvelles, l'action, à la source, pour limiter les quantités de prospectus engendre, au contraire, une diminution d'activité pour les imprimeurs." Cet impact négatif est à remettre dans une perspective positive de développement durable. Comme l'explique Sylvain Pasquier : "La baisse des accidents de la route a eu des impacts d'activités sur les carrossiers !".

Sylvie Touboul
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