|
Avez-vous constaté des progrès en matière de gouvernance d'entreprise ? Il était très difficile auparavant de persuader les entreprises, en particulier les PME, que les bénéfices de l'honnêteté sont supérieurs aux coûts engendrés par la perte de contrats, gagnés par les concurrents grâce à la corruption. Mais l'état d'esprit, a la fois des gouvernements et des entreprises, change rapidement. Les scandales Enron, Global Crossing et Worldcom - et maintenant Ahold en Europe-, ont ouvert les yeux des actionnaires et des gestionnaires de fonds et ont instauré une grande méfiance de l'opinion publique à l'égard des entreprises et de leur gestion. Ces scandales ont des impacts très forts sur les marchés. Et en matière de transparence financière au plan international ? Concernant la transparence, Transparency International et Global Witness militent actuellement pour que les régulateurs internationaux, comme la Securities and Exchange Commission aux Etats-Unis, exigent des entreprises pétrolières, minières et gazières qu'elles publient les taxes, frais, royalties et autres règlements effectués dans chaque pays et que ce soit une condition à leur cotation en bourse. S 'appuyer sur une publication volontaire des entreprises ne fonctionne pas, car les entreprises redoutent de ne pas obtenir les marchés. Par exemple, les velléités du groupe BP de publier les sommes versées en Angola ont entraîné des menaces de rupture de contrat de la part de la société nationale des pétroles angolais SONANGOL. Quelles sont les bonnes pratiques que vous souhaitez voir se développer ? Les entreprises doivent mettre en place des codes de conduites, comprenant des règles détaillées pour combattre la corruption chez eux ou à l'étranger. A cette fin, Transparency International a développé, en collaboration avec BP, Shell, Tata (consortium Indien) et General Electric, une série de lignes directrices pour aider les entreprises à lutter contre la corruption qui prévoient notamment des plans de formations destinés aux employés. Une autre ONG, Le Global Reporting Initiative (GRI), demande aux entreprises de décrire leurs procédures destinées a combattre la corruption. Elles doivent notamment préciser la façon dont elles tiennent compte des directives anti-corruption de l'OCDE. Il est très important que les entreprises mettent en place des procédures d'alerte internes, en protégeant les salariés qui dénoncent les pratiques de corruption au sein de leur entreprise, qu'elles publient des rapports sur la façon dont les plaintes et les faits de corruption ont été traités ensuite. Il est indispensable que le PDG et la direction générale d'une entreprise n'abusent pas du pouvoir qui leur est conféré et qu'ils rendent publiques les irrégularités constatées. Ce processus de transparence doit constituer en outre la base d'un dialogue avec les parties-prenantes, aussi bien la population locale que les autorités gouvernementales. Ils doivent avoir le courage d'admettre leurs erreurs et de les rectifier sans hésitation.
|