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"Ce qui nous intéresse avant tout c'est l'individu plus que le projet qu'il nous présente. Les projets nous servent avant tout d'indicateur de leurs personnalités, " explique Jochen Klock, porte-parole de la Reinhard Mohn Fellowship. Mis sur pied en 2002, le " fellowship " est une bourse valable un an, dotée de 60 000 euros et d'un appartement meublé. Les candidatures sont très ouvertes, l'âge et la nationalité ne jouent aucun rôle dna sla sélection. Les candidats doivent démontrer leurs engagements sociaux en présentant des projets qu'ils mettent ou ont déjà mis en route. Pendant 12 mois, les cinq lauréats de cette bourse devront utiliser leur expertise pour coordonner jusqu'à trois projets parmi les six divisions que compte Bertelsmann. Ces projets auront auparavant été définis par le directoire de l'entreprise qui offre, en échange, des formations professionnelles, le " off-the-job training, " ainsi que la participation aux événements et congrès organisés par Bertelsmann. Bertelsmann, numéro cinq mondial des médias, employant 80 000 salariés dans le monde, cherche avant tout à promouvoir une nouvelle sorte d'entrepreneur : l'entrepreneur social à l'image de Reinhard Mohn qui dirige l'entreprise depuis les années 50. " Nous sommes partis du constat qu'il y a un problème dans la manière de gérer les entreprises. Il manque d'entrepreneur social, et c'est ce que nous voulons promouvoir avec notre bourse, " explique le porte-parole de l'opération. Parmi les cinq candidats sélectionnés, en 2001, il y a un entrepreneur américain créateur d'une entreprise fabriquant des instruments destinés à faciliter 'utilisation des ordinateurs pour les handicapés. " C'est une entreprise tout à fait normale, mais à nos yeux, sa contribution sociale est importante " note Jochen Klock. La " maison " Bertelsmann, non cotée en bourse, tient une place toute particulière en Allemagne. Le patriarche Reinhard Mohn, 81 ans, a transformé un petit éditeur provincial en géant mondial des médias avec des méthodes de gestion du personnel révolutionnaires pour l'époque : organisation décentralisée, participation des salariés à l'entreprise, grande responsabilité et liberté de décision laissées aux cadres. Mais l'image de Bertelsmann a beaucoup souffert quand il a du admettre en 2002 avoir collaboré avec l'Allemagne nazie. Pour répondre aux accusations pressantes d'anciens travailleurs forcés vivants aux Etats-Unis, l'entreprise a nommé une commission historique qui a démontré le rôle prépondérant qu'a joué Bertelsmann dans la diffusion de l'idéologie nazie. Ces faits ont été officiellement accepté par l'entreprise et l'étude publiée par la commission sert d'interprétation officielle de son histoire. Le "Reinhard Mohn Fellowship", lancé dans la foulée permet de reconstruire une image d'entreprise socialement responsable très écornée.
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