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On ne peut reprocher à la Co-operative Bank de surfer, avec opportunisme, sur la vague du développement durable. Cette banque centenaire s'est toujours démarquée par son engagement social et sa capacité d'innovation. Son engagement socialement responsable remonte à 1992 et se caractérise notamment par un dialogue constant avec ses clients. Pour les dirigeants de The Co-operative Bank, leur engagement ne se résume pas simplement à proposer des produits d'investissement socialement responsable. Il s'agit d'adopter la même ligne de conduite dans toutes les opérations de la banque. Pour la troisième année consécutive, elle a évalué les implications financières de sa philosophie sur ses résultats. Un coût appréciable La banque a annoncé qu'elle avait refusé au cours de l'exercice 2002 pour 4.34 millions de livres (6.16 millions d'euros) de chiffre d'affaire potentiel avec des entreprises qui ne correspondaient pas à ses critères éthiques. Les entreprises impliquées dans l'extraction de produits fossiles constituent près de 25 % de ce manque à gagner. La charte éthique de Co-operative Bank exclue ce secteur tout comme les entreprises impliquées dans l'armement, le nucléaire ou les OGM ainsi que celles qui sont associées à des pratiques d'exploitation de la main d'œuvre et des animaux. Ce manque à gagner s'accompagne de coûts supplémentaires. L'évaluation de la conformité éthique d'un client potentiel est ainsi évaluée à près de 800 000 livres (1.26 millions d'euros). La banque a en outre décidé que sa politique d'achat serait également socialement responsable. Afin de s'assurer des pratiques de ses fournisseurs, elle vérifie leurs pratiques sociales, environnementales et éthiques. Cette politique accroît le coût des achats annuels 168 000 livres (238 000 euros). Celui des audit est encore plus élevé. Le rapport annuel évalue celui des fournisseurs et de maintenance des systèmes internes de contrôle à 750 000 livres (1,06 millions d'euros). Un retour sur investissement colossal Le positionnement éthique de cette banque ne serait pas aussi intéressant si elle n'affichait pas des performances financières remarquables. Pour la huitième année consécutive, The Cooperative Bank annonce un bénéfice en hausse. Les résultats s'élèvent à 122,5 millions de livres (172 millions d'euros), en hausse de 14% par rapport à 2001. Depuis 1994, cette organisme bancaire peut se targuer d'avoir multiplié par près de 4,5 ses résultats. Le positionnement éthique de la banque est un des principaux moteurs de cette croissance. Les enquêtes montrent que son positionnement socialement responsable lui apporte une clientèle suffisament importante pour contribuer à hauteur de 24% à ses résultats, soit 30 millions de livres (42 millions d'euros). Les coûts liés à sa démarche socialement responsable sont donc très largement compensés par les bénéfices qu'elle en retire. Son statut particulier dans le paysage bancaire britannique lui permet également d'avoir une clientèle et des salariés fidèles. Le taux de satisfaction de sa politique éthique et environnementale s'établit à 91% et il est supérieur à la moyenne de banques sur tous les critères purement bancaires. Une majorité de ses clients est, en outre, susceptible de la recommander à des proches alors que la moyenne des autres banques ne s'élève qu'à 33 %. Cette banque semble également être une entreprise où il fait bon travailler. En 2002, elle figure une nouvelle fois parmi les 100 meilleurs employeurs britanniques grâce notamment à ses programmes volontaristes d'insertion des minorités éthiques et des handicapés et bénéficie du très haut taux de satisfaction de son personnel. Le statut assez unique de cette banque lui permet d'afficher des résultats difficilement reproductibles par de nombreux de ses concurrents.
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