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ST Microelectronics, fabricant de composants électroniques, est souvent cité pour son engagement environnemental qui ne date pas d'hier. Dès 1995, le groupe a élaboré les grands principes de sa politique environnementale dont l'objectif est de satisfaire tous les partenaires de l'entreprise et non simplement ses clients. Cette politique vise notamment à réduire les émissions de gaz à effet de serre dues à l'activité du groupe. L'objectif de l'entreprise est d'avoir une activité neutre en matière d'émissions de CO2 à l'horizon 2010. Neutre ? Cela signifie que ST Microelectronics souhaite diminuer au maximum ces émissions et compenser celles que l'entreprise ne pourra pas supprimer en menant des opérations de reforestation ou en utilisant les énergies renouvelables.
"Notre volonté est de réduire les émissions de gaz à effet de serre à tous les niveaux de notre activité", souligne George Auguste, vice-président du groupe et chargé du développement durable. A cette fin, quatre domaines ont été identifiés : la consommation d'énergie, les transports des collaborateurs et des produits, les outils de production et l'utilisation des produits. Dans chacun de ces domaines, le groupe a cherché des solutions pour réduire au maximum ses émissions de gaz à effet de serre. Une fois celles-ci élaborés, des objectifs sont fixés et l'ensemble des sites industriels est prié de tout faire pour les atteindre. En moyenne, les critères environnementaux comptent d'ailleurs pour 10 % dans l'évaluation globale d'un directeur d'usine.
Améliorer l'efficacité énergétique
Concernant les outils de production, les efforts de ST Microelectronics se concentrent sur la réduction de l'utilisation des composants perfluorés (PFC), dont la contribution au réchauffement climatique est particulièrement forte. L'utilisation de PFC devrait ainsi diminuer de 10 % par an, entre 1995 et 2008, et ces gaz devraient disparaître totalement du processus de production, d'ici 2015. Ils seront peu à peu remplacés par d'autres composés n'émettant pas de gaz à effet de serre.
Autre domaine où la réduction est de mise : l'énergie. ST Microelectronics s'est fixé pour but de diminuer de 5 % par an sa consommation d'énergie pour chaque million de dollars de valeur ajoutée. Ceci est possible grâce à une amélioration de l'efficacité énergétique et au changement des moyens d'approvisionnement. "Nous privilégierons de plus en plus les centrales de cogénération qui permettent une moindre déperdition d'énergie", remarque George Auguste. D'ici 2010, six sites sur les dix-huit que compte ST Microelectronics devraient voir leur approvisionnement énergétique assurer par ce type de centrales. Le groupe a par ailleurs financé la construction d'éoliennes à Perpignan et revend l'électricité produite par ce biais à EDF.
Reboisement au Texas, au Maroc et en Australie
S'agissant des transports, ST Microelectronics cherche à limiter les trajets en voiture de ses collaborateurs en encourageant l'utilisation des transports en commun et le covoiturage. A Grenoble, les initiatives dans ce sens ont été payantes puisque la proportion des salariés se rendant seul en voiture à leur travail est passé de 85 % à 55 % entre 2000 et 2003. Toutefois, tous les transports en avion et en voitures ne peuvent pas être supprimés. Le fabricant de composants électroniques s'est donc engagé dans plusieurs actions de reforestation pour équilibrer ses comptes en termes d'émission de gaz à effet de serre. Au Texas, au Maroc ou en Australie, le groupe reboise environ 2 500 ha par an et compte avoir créé une forêt de 35 000 ha d'ici 2010, ce qui compenserait l'émission de 1 600 000 tonnes de CO2.
Au sujet de l'utilisation des produits de ST Microelectronics par ses clients, enfin, le groupe a réalisé quelques estimations mais ne prévoit pas encore de compenser les émissions de gaz à effet de serre causées par cette utilisation. "Globalement, ces actions vont dans le bon sens et sont efficaces parce qu'elles sont intégrées dans une politique générale, explique Rachel Baudry, économiste à la direction industrie de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Le risque serait qu'une entreprise se polarise sur une seule action. Or, la reforestation de zones situées à l'autre bout du monde, par exemple, n'exonère pas une entreprise d'agir localement. Etablir un plan de déplacement qui permette de réduire les trajets de voiture des employés d'une entreprise est ainsi doublement positif : au niveau global pour la lutte contre le réchauffement climatique et au niveau local pour la qualité de l'air."
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