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Le rapport du WWF *accuse le secteur du luxe de figurer parmi les moins responsables. Etes-vous d’accord avec cette critique ? Flavia Micilotta : C’est un secteur beaucoup trop varié pour que l’on puisse le comparer dans son ensemble à d’autres. Entre les cosmétiques, le textile, les accessoires et la joallerie, les enjeux sont nombreux et doivent être considérés séparément. Le cas de LVMH est spécifique à cet égard, car ce groupe est très diversifié et doit répondre à beaucoup d’enjeux différents. C’est pour lui un atout stratégique que d’être socialement responsable.
Quels sont les enjeux que vous identifiez selon les activités ?
F.M. : Concernant les produits cosmétiques, le plus important réside dans l’évaluation des ingrédients utilisés à travers leur impact sanitaire et la transparence des entreprises sur les substances qu’elles utilisent. Nous prenons aussi en compte le packaging et l’éco-concpetion, domaine qui progresse.
Le secteur du luxe a-t-il une responsabilité particulière compte-tenu de sa « force de frappe marketing » et de sa présence dans les pays émergents ?
F.M. : Oui, certainement car les groupes de luxe sont de plus en plus présents dans des pays clés comme la Chine, la Russie ou l’Inde. Mais les clients de cette industrie sont très bien informés et savent ce qui peut se cacher derrière des marques prestigieuses. Ils ont les moyens de choisir tel ou tel produit, jugé plus responsable qu’un autre.
Le risque d’image est une donnée essentielle du secteur. Quels sont les domaines sensibles en la matière ?
F.M. : Les cosmétiques sont les plus exposés, avec une pression des ONG et des associations de consommateurs qui veulent connaître les substances utilisées. Aux Etats-Unis, la Food & Drug Administration est toujours en conflit avec le secteur concernant les test sur les animaux, par exemple. En Europe, c’est l’inquiétude sur les risques sanitaires qui domine. D’une manière générale, les groupes ont bien conscience de ce risque d’image. Le rapport du WWF a eu un impact considérable dans le secteur, mais il faut ajouter que depuis 3 ans, des progrès importants ont été réalisés par la plupart des acteurs.
Quelle analyse faites-vous du critère « ressources humaines » ?
F.M. : Pour le textile, l’enjeu est crucial et nous analysons particulièrement la sous-traitance. Le point essentiel demeure les conditions de santé au travail, qui vaut également pour les cosmétiques. Beaucoup d’entreprises sous-traitent en Chine, il faut donc qu’elles puissent prouver ce qu’elles affichent. * Deeper Luxury, rapport du WWF-UK
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