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La crise ne remet pas en cause le développement durable, selon les entreprises

Entreprises \Politique développement durable \RSE

Publié le 23-03-2010



La troisième édition du Baromètre FEDERE Les Echos, en partenariat avec La Poste, donne les grandes tendances sur l'attitude et les actions des entreprises en matière de développement durable. Les salariés et les clients apparaissent comme les deux publics prioritaires de leurs politiques, et l'environnement reste le premier champ d'action pour la quasi-totalité d'entre elles.

A l’occasion du FEDERE 2010, Les Echos et La Poste ont publié leur baromètre sur les actions et sur l’opinion de 200 responsables développement durable dans des entreprises de 500 salariés et plus.
Premier constat : pour 52% d’entre eux, la crise financière n’a pas freiné leur projets et actions dans le développement durable. Seulement 16% déclarent que la crise les a freinées, et 31% qu’elle les a au contraire renforcées. Sans surprise, le sommet de Copenhague ne devrait pas avoir d’impact sur les initiatives en matière d’environnement pour 64% d’entre elles. Une réponse logique, puisque le sommet n’a donné aucune feuille de route précise pour les entreprises. En revanche, au plan national, 82% considèrent que le Grenelle les concernent. S’agissant des impacts de leurs actions dans le développement durable, c’est d’abord le fait d’ « améliorer son image » pour 99% d’entre elles, puis « développer l’innovation » (94%), et « être une entreprise dans laquelle on a envie de venir travailler » (93%). D’une manière générale, l’image, l’innovation et la réduction des coûts sont les 3 domaines principaux dans lesquels les entreprises pensent obtenir des résultats. Le fait « d’améliorer la confiance des milieux financiers et des actionnaires » recueille 66% et arrive en fin de classement, alors que les différentes études sur les rapports RSE des entreprises montrent, au contraire, qu’ils sont destinés en premier lieu aux investisseurs, avant les autres parties prenantes de l’entreprise. Un paradoxe qui s’explique par la taille de l’entreprise. En effet,  à la question « qui sont les publics prioritaires de leurs actions DD ? », les réponses varient entre les entreprises de 500 salariés et les plus grandes ; ces dernières citant à 75% « les actionnaires et investisseurs », contre 51% pour celles qui comptent moins de 1000 salariés. Les plus grandes citent en second « les jeunes diplômés » (72%), contre 55% pour les plus petites, qui ciblent d’abord les collectivités locales à 76%. Les ONG constituent le 3ème public prioritaire pour les plus grandes (58%), mais le dernier pour les plus petites (31%). Toutes entreprises confondues, les publics prioritaires demeurent les salariés (92%) puis les clients (89%).

L’environnement reste le premier champ d’action

Les domaines d’action prioritaires conservent le même classement par rapport aux éditions précédentes : l’environnement (95%), puis le social (90%), le sociétal (85%) et la gouvernance ( 81%).Concernant les actions déjà mises en place, la réduction des dépenses d’énergie est citée en premier (93%), puis la lutte contre les discriminations (87%), les produits et services responsables ( 83%). Si en 2010 les actions sociétales prennent plus d’ampleur, les objectifs diminuent dans les domaines de la sécurité des produits, de la lutte contre la corruption et des partenariats avec les ONG.
En interne, la formation au DD progresse depuis l’édition 2009 : 59% des entreprises ont mis en place une politique de formation (65% pour les plus de 5000 salariés), contre 43% l’an passé. 91% attendent par ailleurs de leurs actions DD qu’elles «  améliorent le climat interne ». En revanche, la mise en oeuvre d’indicateurs permettant de mesurer l’impact des actions DD  concerne moins d’une entreprise sur deux (45%), alors qu’elles estiment à 82% que c’est  « nécessaire » et à 70% que c’est « techniquement possible ».

Alors que le projet de loi Grenelle 2 est en cours d’examen au parlement, le baromètre montre que les pouvoirs publics et l’Etat représentent une pression élevée avec des exigences fortes pour 80% des personnes interrogées. Mais le niveau d’exigence en matière de développement durable demeure également élevé chez les acteurs internes de l’entreprise : l’exigence des dirigeants est citée en premier à 90%. Medias (67%), ONG (64%) et clients (61 %) sont également perçus comme une source de pression importante, bien plus que les syndicats (38%).

Greenwashing versus politiques RSE

En Allemagne, une étude menée par l’agence extra-financière oekom research conclut également que la crise économique et financière ne nuit pas aux politiques RSE des entreprises. Bien au contraire. Elles en perçoivent les principes comme une contribution à la stabilité et consolidation de leurs activités. En revanche, le phénomène d’écoblanchiment prend de l’ampleur : « L’écoblanchiment est devenu un véritable défi », observe Matthias Bönning, membre de la direction d’oekom et auteur de l’enquête, dans le cadre d’une présentation officielle à Francfort. « Il est devenu plus difficile pour nous de discerner une véritable politique RSE de l’annonce publicitaire ». L’énergéticien RWE vante ainsi volontiers l’implantation d’éoliennes dans le pays, alors que les énergies renouvelables ne représentent qu’une part infime de ses activités ; le charbon et le nucléaire constituant le noyau dur de sa stratégie. Pour Matthias Bönning, ce phénomène s’explique par le fait que « les entreprises doivent  répondre aux exigences toujours plus grandes des investisseurs en matière de gouvernance et de transparence. Cette thématique a connu une envolée spectaculaire ces derniers mois », commente l’analyste. 
La banque de données d’oekom research comprend quelques 3000 entreprises (« screening universe ») issues de 45 branches industrielles et opérant dans plus de 40 pays. Bönning rappelle que si la qualité des rapports RSE augmente, seule une petite minorité d’entreprises en appliquent les principes. « Seules 504 entreprises ont pu intégrer le Prime-Status de notre agence », souligne l’analyste. « Il reste beaucoup à faire pour voir une véritable politique RSE s’installer ».

Claire Stam et Véronique Smée
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