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Groupe SOS : l'entreprenariat social florissant

Entreprises \Politique développement durable \RSE

Publié le 16-06-2009

Conférence à L'Usine
Conférence à L'Usine

Centres d'hébergement, commerce équitable, agence conseil dans le DD, événementiel, traiteur bio… les multiples activités du groupe SOS se complètent dans une logique d'économie solidaire, où les méthodes du privé profitent aux valeurs sociales des associations fondatrices.

« Nous avons une croissance de 25 à 30% par an car les besoins augmentent » déclare Jean-Marc Borello, avec l’accent du Sud et l’aplomb d’un entrepreneur qui réussit. Le fondateur charismatique du groupe SOS n’est pas positionné dans une niche marketing juteuse et épargnée par la crise. Son groupe est spécialisé dans l’urgence sociale. D’où les besoins croissants. Composé de neuf associations et douze entreprises, son activité s’étend des crèches aux soins palliatifs, en passant par la prise en charge de SDF, de toxicomanes, des boutiques et restaurants d’insertion (Alter Mundi, l’Usine, Traiteur Té…) Mais à une époque où les associations voient leurs financements fondre, où beaucoup ferment faute de bénévoles et de subventions, la bonne santé de SOS est presque provocatrice.

Développeur d’économie solidaire

Avec un chiffre d’affaires de 155 millions d’euros et 2700 salariés, le groupe SOS gère 170 établissements d’accueil social. En pleine logique de développement, il continue d’en construire ou d’en reprendre en gestion quand l’Etat ou collectivités locales lui en confient, sur appel d’offre, comme récemment un hôpital à Paris. Sans parler des entreprises qui le rejoignent, comme Auxilia, expertise en projets de développement durable. « Nous serons probablement 5000 dans deux ans » annonce le dirigeant sans sourciller. Educateur de formation, Jean-Marc Borello continue aujourd’hui de suivre des jeunes en insertion. Tout en intervenant au plus haut niveau de l’Etat. Il y distille régulièrement ses idées pour dynamiser les services sociaux. Actuellement, « nous discutons de nouveaux statuts pour les entreprises d’économie solidaire avec Mme Lagarde » (ministre de l’Economie) explique-t-il. Dans son groupe, il a fait en sorte que « personne ne soit propriétaire de rien ». Les onze entreprises d’insertion (5% du groupe) sont détenues par les associations fondatrices (SOS Drogue International, SOS Habitat et Soins et SOS Insertion et Alternatives). « Cela nous permet de faire des choix plus éthiques que financiers » souligne-t-il. Les trois conseils d’administration de ces trois associations décident des orientations du groupe. D’ailleurs, la gouvernance est décrite sur son site (http://www.groupe-sos.org/) en toute transparence, tout comme dans le livre-entretien SOS Contre Toute Attente, qui vient de paraître aux éditions Rue de l’Echiquier.

Une des clefs de la bonne santé du groupe, est sa capacité de gestion. Si beaucoup de bénévoles sont présents, les postes clefs sont confiés à des professionnels de haut niveau, salariés. Chez SOS, on recrute à Sciences Po, dans les grandes écoles, même si le salaire ne suit pas. Jean-Marc Borello prend plaisir à employer le mot « rentabilité », tabou des milieux sociaux. Mais il mesure la croissance en termes de qualité de service aux exclus et de « taux de sortie de positive » pour un prix équivalent. Les entreprises d’insertion sont toutes autofinancées.

Mais plus que sa qualité de gestion, « c’est surtout l’innovation qui fait la qualité du groupe SOS » précise Jean-Marc Borello. Depuis la création de SOS Drogue en 1984, alors qu’il sortait de la Mission interministérielle de lutte contre la toxicomanie, Jean-Marc Borello a expérimenté nombre de dispositifs qui ont ensuite été repris et généralisés par les pouvoirs publics, comme le Numéro Vert pour les parents de jeunes usagers de drogue, ou les pensions de famille pour SDF.

L’exigence du DD

Ces structures ont été inventées grâce au croisement des savoir-faire et des secteurs au sein du groupe. Cette transversalité permet de coller au plus près aux besoins du terrain et à se remettre en cause régulièrement, quitte à fermer parfois des établissements qui n’ont plus lieu d’être. Ainsi, le développement durable s’est invité dans les activités du groupe, sous l’œil sceptique de ses partenaires, en 2005. Auxilia, expertise en projet DD, conseille aussi bien la Mairie de Paris que la filiale immobilière de SOS. « Dans le logement social, il est important  que la facture énergétique ne soit pas le double du loyer » illustre Jean-Marc Borello. De même, le groupe fait en sorte de construire des bâtiments sains pour ses établissements de santé et d’intégrer le DD dans ses programmes d’éducation. Ses compétences en interne ont permis à SOS de départager deux entreprises de construction pour un projet à 13 millions d’euros. A prestation égale, la plaquette DD de Bouygues Construction a été considérée comme « du vent » alors que son concurrent « fournissait un réel effort sur le choix des matériaux ».

Hélène Huteau
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