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Rappel des faits. Le 18 mai 2002, des militants de Greenpeace avaient accosté et endommagé le bateau du défi Areva pour l'America's Cup afin de protester contre les activités nucléaires du groupe. Condamnée par le tribunal de Lorient à verser 111 821 euros de dommages et intérêts, l'organisation écologiste avait fait appel de cette décision et vient de gagner le procès. Le sponsoring du voilier français pour la 31ème Coupe de l'America par le groupe Areva avait fait l'objet, au printemps 2002, d'une vive contestation de la part des organisations écologistes, et le 26 avril, date anniversaire de l'accident de la centrale de Tchernobyl, les associations antinucléaires avaient formé une "flotille antinucléaire". Six bateaux aux couleurs de Greenpeace et du Réseau anti-nucléaire ont navigué au large de Vannes pour "dénoncer la stratégie d'éco-blanchiment d'une entreprise qui contamine quotidiennement la mer de La Hague et prend le risque de marées radioactives lors de ses transports nucléaires". Le 18 mai, un zodiaque de Greenpeace a abordé et endommagé le voilier du Défi français Areva. Lors du procès, qui s'est déroulé le 20 février 2003, une amende de 2.250 euros a été requise contre Yannick Rousselet, responsable du nucléaire à Greenpeace, soupçonné d'avoir ordonné la manoeuvre. Une interdiction de conduire tout bateau à moteur pendant au moins trois ans a été requise contre Justine Filippini, pilote du bateau pneumatique. Enfin une amende de 1.500 euros a été requise contre Philippe Rousselet, frère de Yannick, également à bord. De son côté, l'avocat du Défi français avait demandé à Greenpeace un dédommagement d'un montant d'environ 2,4 millions d'euros, car selon lui, le voilier français avait perdu 14% de son temps d'essai expérimental à la suite de l'accrochage.
Détournement de logo
Greenpeace a gagné un autre procès contre le groupe Areva, qui avait porté plainte pour détournement de son logo. Le juge avait estimé que le détournement du logo d'Areva ne relevait pas du droit des marques mais bien du droit à la parodie, et avait en outre considéré qu'étant donné la notoriété de Greenpeace, l'internaute ne pouvait croire que les informations diffusées sur le site Web provenaient du titulaire des marques.
Le tribunal de Lorient avait condamné Greenpeace à verser 111 821 euros pour dommages et intérêts, et perte de performance, condamnation dont l'ONG a fait appel avec succès. Mais la guerre qui l'oppose au groupe Areva depuis 4 ans a repris sur un autre terrain : le groupe industriel a en effet fait saisir les comptes de l'ONG, en paiement d'une astreinte à la quelle Greenpeace a été condamnée pour avoir perturbé le transport de matières nucléaires. Le siège de Greenpeace, situé aux Pays-Bas, a payé la moitié de l'astreinte afin d'éviter le blocage des comptes et, par là-même, de son activité. Ces fonds devraient alimenter la future fondation Areva.
Mais il en faudra certainement davantage pour décourager Greenpeace. "Mener des actions non violentes de protestation pour sensibiliser le public, informer et parodier sur le net, débattre sur les risques de cette activité dans les journaux, tout cela fait partie des actes de contestation qui doivent pouvoir s'exercer normalement dans notre pays", souligne l'ONG. Une nouvelle action pourrait du reste avoir lieu à l'automne, visant deux cargos qui devront transporter 150 kg de plutonium en provenance des Etats-Unis.
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