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Cleantechs : 2009 sera moins faste

Entreprises \Politique développement durable \RSE

Publié le 14-01-2009



Si les investissements dans les technologies propres essuient un léger revers sur le quatrième trimestre 2008, le bilan de l'année passée reste largement positif, compte tenu de la conjoncture économique. Cependant, les secteurs du solaire et de l'éolien risquent de connaître une année 2009 bien moins florissante. Le secteur des green IT, lui, reste le grand favori des capital-risqueurs.

Au sortir du Web 2.0 Summit, début novembre 2008, Dominique Piotet, président de l’Atelier BNP Paribas à San Francisco, rapportait sur le site internet ITRManager.com que « le vert est LE sujet dont il faut parler dans la région » de la Sillicon Valley. Les « greentech » semblent bien avoir supplanté le fameux 2.0, cette nouvelle utilisation du web, à la fois communautaire et interactive, dans la catégorie des technologies prometteuses. C’est en tout cas ce que laissent entendre les nombreux bilans de l’année 2008 sur le sujet. Selon Cleantech Group, réseau de recherches et de services, les investissements des capital-risqueurs occidentaux dans les technologies propres ont dépassé les 8,4 milliards de dollars en 2008. Soit, malgré une activité moindre au quatrième semestre, une hausse de 38% par rapport à 2007. Le solaire reste le secteur favori, dominé par la levée des fonds du groupe Solyndra (qui depuis sa naissance en 2005, a levé plus de 600 millions de dollars). Viennent ensuite l’éolien, la gestion des réseaux intelligents, et les agrocarburants.
En Europe et Israël, c’est d’ailleurs l’éolien qui rafle l’augmentation des investissements la plus généreuse : une hausse de 294 % par rapport à 2007, avec plus de 322 millions de dollars. Pourtant, l'indice Bloomberg de l'énergie éolienne a perdu 54 % sur l’année, et l'indice WilderHill Clean Energy, qui regroupe des valeurs solaires, comme les américaines SunPower et First Solar, s’est effondré de 70 %. Conséquences immédiates de la crise économique : la chute vertigineuse des prêts financiers , indispensables aux projets du secteur n’a pas épargné les renouvelables

La bulle spéculative autour des « valeurs vertes », couplée à  la conjoncture économique défavorable risquent donc de ralentir fortement la tendance dans les prochains mois. Déjà, le cabinet d’audit Ernst & Young rapporte que la moitié des institutions qui investissaient dans les renouvelables ces deux dernières années sont sorties du marché en raison de la crise. Les producteurs d’énergie ont d’ailleurs revu à la baisse leurs investissements et perspectives de croissance pour l’année à venir. D’autant que le secteur solaire est aujourd’hui en surcapacité de production : il serait en mesure de produire 11 GigaWatt de panneaux solaire en 2009, soit le double du marché actuel. L’euphorie des « greentech » renouvelables semble donc vouée à s’essouffler, pour laisser place à des investissements sans doute moins nombreux, mais davantage sécurisés.

Ce que cleantech veut dire

Cleantech : désigne les techniques et services industriels qui utilisent les ressources naturelles, l’énergie, l’eau ... avec une perspective d’amélioration importante de l’efficacité. Générant moins de déchets ou de toxicité, ces technologies garantissent en théorie une performance identique ou supérieure aux technologie traditionnelles. Greentech : synonyme de Cleantech, le terme est employé de façon équivalente. En France, aucun des deux  n’a encore pris définitivement le pas sur l’autre, et les termes « éco-activités innovantes », « éco-innovations » ou « ecotechs » peuvent être également considérés comme synonymes. Green It : encore appelé Green computing, ce que l'on pourrait traduire par « informatique écologique », est avant tout un concept marketing devenu une tendance technologique réelle, qui consiste à réduire l'empreinte écologique des matériels informatiques.

L’informatique verte ne connaît pas la crise

Pour autant, cette baisse de régime épargne un secteur émergent des technologies vertes : celui des « green It », autrement dit « l’informatique propre ». Le cabinet d’étude américain Forrester Research vient de publier les conclusions d’une enquête menée auprès d’un millier de sociétés (dont un tiers d’européennes) : « le ralentissement de l'économie ne va pas empiéter sur les efforts pour rendre les opérations informatiques plus efficaces et moins néfastes pour l'environnement. » L’étude révèle notamment que plus de 67% des entreprises interrogées investissent dans les green IT pour réduire leur facture énergétique (contre 55% l’an passé), quand 42% expliquent leur motivation par « l’envie de faire le nécessaire pour protéger l’environnement. » Ces conclusions rejoignent celles de l’enquête menée par le cabinet IDC, sous l’impulsion de Dell, auprès des Directions informatiques de 450 de sociétés européennes. 34 % des entreprises françaises auraient ainsi déjà mis en place des initiatives « green IT » (contre 51% en Allemagne, 47% au Royaume Uni et 36% dans les pays nordiques). Frank Gers, président d’IDC souligne par ailleurs que la plupart des entreprises considèrent cette mutation de leurs systèmes de gestion de l’alimentation, non plus comme une source de coûts supplémentaires, mais bien comme un moyen d’optimiser leurs dépenses à long terme. Hewlett Packard estime par exemple à un milliard de dollars les économies réalisables en « verdissant » son système d’information. De son côté, Google entend bien optimiser les systèmes de gestion de ses centres de traitement des données, dont la facture d’électricité est le deuxième poste budgétaire après les salaires.

Devant cet engouement pour l’informatique propre, et conscient de son réel potentiel, tant sur le plan économique qu’en matière de réduction des dépenses énergétiques, le gouvernement français vient d’annoncer la création d’un groupe de réflexion sur les green IT dans le courant du mois de janvier. Christine Lagarde, ministre de l’Economie, et Luc Chatel, secrétaire d’Etat chargé de l’industrie et de la consommation, ont donc confié à ses futurs membres plusieurs missions, visant toutes à « rendre les Technologies de l'information et de la communication (TIC) moins polluantes et à favoriser leur utilisation au service du développement éco-responsable des entreprises. »

Anne Farthouat
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