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Le WWF attaque Veolia pour publicité mensongère

Effets cancérigènes des rejets de dioxines des incinérateurs
La revue américaine Epidemiology publie dans son numéro de juillet les travaux d'une équipe d' épidémiologistes français, qui conclue que les dioxines échappées des incinérateurs d'ordures ménagères ont des effets cancérigènes. En 2000, l'équipe du Professeur Jean-François Viel avait déjà établi une corrélation entre le fait de vivre à proximité d'un incinérateur de déchets rejetant des dioxines et la survenue de cancers. Une étude menée auprès des habitants de Besançon confirme aujourd'hui ce lien, les résultats montrant en effet que le risque de contracter cette maladie est 2,3 fois plus élevé chez les individus vivant dans la zone la plus exposée aux retombées des rejets. Par ailleurs, les chercheurs affirment qu'il existe un risque de contamination à la dioxine pour les populations habitant à proximité d'une usine d'incinération via une exposition aérienne (par inhalation ou contact cutané) ou indirecte (par la consommation de denrées alimentaires produites localement). L'étude est actuellement prolongée pour affiner ces résultats.
Bien que le tribunal de grande instance de Nîmes se soit déclaré incompétent et que la plainte soit transférée à celui de Paris, le WWF est bien décidé à poursuivre Veolia (ex-Vivendi Environnement) pour sa campagne de publicité, entièrement axée sur la défense de la nature.
" Visiblement, l'institution nîmoise ne souhaite pas prendre partie sur les enjeux que fait courir cet incinérateur à toute la région. Les Nîmois sont donc privés d'un vrai débat, et peuvent continuer à être scandaleusement désinformés par Veolia, alors que de nombreux dangers menacent leur santé ", s'indigne le WWF. A l'origine du conflit, un incinérateur émettant 136 000 tonnes de rejets. " Pour 110  000 tonnes de déchets brûlés, on relève 102 500 tonnes de gaz carbonique ", indique l'organisation écologiste, qui attaque la campagne nationale lancée par l'entreprise sur ce thème. Le message , qui indique que " la filiale de Veolia (Onyx)  a traité, en 2002, plus de 54 millions de tonnes de déchets issus de cinq continents, un poids qui ne pèsera plus sur la nature " est vivement contesté par le WWF : " Ce message est erroné et trompeur car il sous-entend que l'énorme quantité de déchets a été réduite à néant. La formulation induit le public en erreur (...) la publicité omet de préciser que pour réduire  à néant ces 54 millions de tonnes, Onyx a notamment recours à l'incinération, procédé qui génère une grande pollution. "  Reste désormais au tribunal de grande instance à se prononcer sur cette plainte.

Nike vs Kasky

Cette affaire rappelle, dans une certaine mesure, la plainte déposée par un citoyen californien, en 1998, contre Nike pour publicité mensongère. Mike Kasky a en effet dénoncé la campagne de relations publiques qu'a mené le groupe sur les conditions de travail chez ses sous-traitants. Cette campagne a été menée par l'entreprise afin de se dédouaner des accusations faites par certaines ONG sur les mauvais traitements infligés aux employés des sous-traitants de la marque. Mike Kasky estime que cette campagne était de nature "commerciale", et que l'entreprise doit rendre compte sous la section 17500 du code californien des sociétés de ses actions. Ce texte permet à tout résident de l'Etat de Californie de porter plainte contre une entreprise s'il considère que le discours diffusé est de nature à tromper les consommateurs sur la nature véritable d'un produit.  La Cour Suprême des Etats-Unis s'est déclarée incompétente dans l'affaire Nike-Kasky, qui doit être désormais jugée par un tribunal californien.

Véronique Smée
Mis en ligne le : 10/07/2003
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